________________L empire du Milieu de rien_______________________

...............................Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches........................ (Pierre Desproges)

29 juillet 2009

ALEVEQUE : pur Bonheur


Le Petit Coin de Résistance - Episode 03
par Aleveque-Christophe

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28 juillet 2009

Mc Do : Du nouveau.....

DU NOUVEAU DANS LA RESTO-DEFONCE RAPIDE

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27 juillet 2009

Rocard, le pingouin ambassadeur des pollueurs

SUR L'EN DEHORS

Lu sur le blog Alternative libertaire 93 : "Michel Rocard, l'ambassadeur de Sarko auprès des pingouins et des manchots (1), vient de pondre ses premières élucubrations sur la "Taxe carbone". On se demande à quel titre ce bouffon peut soudainement se pavaner comme un spécialiste des problèmes climatiques, du réchauffement climatique et des pôles. Passons, ce n'est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière, qu'une nomination politique n'a aucun lien avec la compétence sur le sujet.

Sarkozy a donc nommé Rocard président d'une commission sur la contribution climat -énergie, un "machin" destiné à faire croire que la crise écologique serait attaquée de front. En fait, le gouvernement français gère la crise écologique comme la crise économique: avec des grands moulinets de bras dans le vide, pour brasser du vent, et la ferme intention de ne rien faire qui puisse remettre en cause les privilèges de ceux et celles qui tirent profit de ces situations.

Pour tenter d'exister, Rocard commence à faire fuiter dans la presse et auprès de journalistes complaisants quelques-unes de ses fumeuses idées sur la question. Le résultat est aussi brillant (et anti-écologique) que les accords de Kyoto instaurant un délirant "droit de polluer" et un permis de spéculer financièrement sur ce droit...

Parmi les "pistes" évoquées par Rocky, faire payer plus cher aux consommateurs et consommatrices l'essence, le gaz et l'électricité. Certes, il faut que chacun et chacune change ses comportements individuels. Mais faire payer les "ménages", c'est s'en prendre aux victimes de la crise écologiques, pour mieux exonérer ses responsables de toute responsabilité. Bref, avec Rocard, c'est le principe très sarkoziste du "pollué-payeur" qui prévaut.

Une des principales causes du réchauffement climatique est l'émission de dioxyde de carbone. Or les principales sources de dioxyde de carbone, ce sont l'industrie, la production énergétique et les transports. Loin devant la "consommation des ménages" que Rocard propose de matraquer. Autrement dit, c'est le productivisme capitaliste délirant qui est la cause réelle du réchauffement climatique. S'il faut s'attaquer à un problème, c'est d'abord à celui de la transnationalisation du capital et des productions industrielles. Produire en Chine à partir de matières premières africaines des biens vendus en Europe et aux Etats-Unis, c'est là la comportement irresponsable et stupide et qu'il faut combattre d'abord et avant tout.

Mais prendre de telles décisions reviendrait à remettre en cause les fondements même de la mondialisation capitaliste et la mise en concurrence planétaire des travailleurs et travailleuses. Rocard, en fidèle toutou de Sarkozy, s'y refuse évidemment. Alors on stigmatise les victimes, c'est-à-dire les usagers finaux, plutôt que les pollueurs, c'est-à-dire les entreprises, les industriels, et surtout leurs donneurs d'ordre: les actionnaires!

La crise écologique est réelle. Elle ne se résoudra pas par des tours de passe-passe dignes de Garcimore. Rocard peut retourner discuter avec ses pingouins. Sur le réchauffement climatique, il ne sert à rien d'autre qu'à créer un écran de fumée dramatique.

(1) Michel Rocard sert fidèlement le gouvernement de droite en tant qu'ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique depuis le 13 mars 2009.

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OUVRIERS vs PATRON : 1 mort.

Chine
Un patron d'usine molesté à mort par des ouvriers
Article publié le 26/07/2009 Dernière mise à jour le 26/07/2009 à 11:12 TU

Ce sont plus de 30 000 ouvriers qui se sont rassemblés pour protester à Tonghua, une ville du nord-est du pays, contre le rachat de leur entreprise de sidérurgie. Des affrontements ont eu lieu avec la police qui ont fait un mort et 100 blessés. La personne décédée n'est autre que le patron de l'usine...
I
Avec notre correspondant à Pékin, Joris Zylberman

C’est un niveau de violence rarement atteint en Chine. Plus de 30 000 ouvriers en colère dont quelques-uns battent leur patron, puis empêchent l’ambulance d’arriver, en sorte qu’il meurt de ses blessures.

Les employés du producteur d’acier Tonghua reprochaient à leur dirigeant son salaire mensuel de 300 000 euros alors qu'eux touchent à peine 20 euros par mois. Plus encore, ils n’acceptaient pas la reprise de leur usine par le concurrent Jianlong qui l’avait déjà gérée avant de s’en débarrasser à cause de la baisse des prix de l’acier.

Mais avec la hausse récente des cours, Jianlong est revenu à la charge. Le secteur chinois de l’acier, très fragmenté, est en pleine concentration pour créer des champions internationaux. Cette tendance, inscrite dans la réforme des entreprises d’Etat, engendre depuis des années des licenciements massifs d’ouvriers fort mal indemnisés qui manifestent par milliers avant d’être réprimés par la police.

Ces explosions de rage sociale restent encore une multitude d’incendies isolés. Car, pour l’instant, Pékin empêche toute coordination nationale du mouvement ouvrier chinois.

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19 juillet 2009

19 JUILLET.....

Barcelone, le 19 juillet 1936, la lutte antifasciste
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Le 19 juillet 1936, à Barcelone, à 4 heures du matin, les troupes rebelles (factieuses) cantonnées dans les casernes environnantes se soulèvent et tentent de rejoindre le centre ville, mais elle en sont empêchées par les militants ouvriers de la C.N.T et de la F.A.I descendus armés dans les rues et retranchés derrière des barricades. De violents combats de rues se déroulent dans le crépitement des fusils et des mitrailleuses mais la force reste au peuple qui, vers midi, a réussi à stopper les fascistes, qui sont maintenant assiégés dans leurs casernes et certain lieux stratégiques qu'ils occupent encore.
L'assaut est donné dans l'après-midi par les ouvriers et les troupes restées fidèles à la république; l'anarchiste mexicain Enrique OBREGON (secrétaire des groupes de la F.A.I) tombe lors de la prise du central téléphonique (Telefónica). "les travailleurs ont conquis le central téléphonique avec leur sang et c'est à eux qu'il appartient." (Durruti). La révolution triomphe enfin et l'unité des organisations ouvrières est réalisée dans l'enthousiasme général. Durruti, Garcia Oliver et Ascaso sont les véritables artisans de cette journée, mais la caserne Atarazanas résiste encore dans la soirée.

Sur ce sujet ,je vous invite à la visite du site : http://www.la-guerre-d-espagne.net/sommaire.htm ; une somme sur la guerre civile espagnole./


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En plein Paris, un commando de 50 néo-nazis

Lu sur Anarchosyndicalisme : "Alerte ! En plein Paris, un commando de 50 néo-nazis, crânes rasés, tenue de combat, fait irruption sur le marché de la Goutte d’Or et procède à la "Libération" (c’est le terme qu’ils osent employer !) de l’espace public "occupé" indûment par des dizaines de sanspapiers et les métèques qui les soutiennent... : des femmes frappées à coup de barre, des enfants de trois ans gazés en plein visage à la lacrymo, envoyés direct à l’hôpital,... tout cela se passe sous l’oeil complice des CRS qui se gardent bien d’arrêter un seul des agresseurs.

Scandaleux ! Incroyable...mais vrai. Vrai ?

Oui, il suffit de remplacer le mot "néo-nazi" par le mot "cégétiste" [1]
et les mots "marché de la Goutte d’or" par ceux de "bourse du travail".

Une fois faites ces deux modifications sémantiques minimes (puisqu’elles
ne changent rien au fond de l’affaire), vous avez une description exacte
de ce qui s’est passé ce 24 juin 2009. Même le mot "libération" est exact
: c’est celui du titre du communiqué vainqueur publié par la "Commission
administrative de la Bourse du travail de Paris : Libération de la Bourse
du Travail de Paris". Fallait oser évoquer la Libération... pour ce qui
ressemble plus à du nettoyage ethnique qu’à l’entrée des chars de la
Division Leclerc dans les rues de Paris.

LES ENJEUX

Pour les politiques de droite comme de gauche ; pour les patrons comme
pour les syndicats, les sans-papiers sont un enjeu important. La droite,
en les maintenant dans leur condition, alimente le discours nationaliste
et renforce celui sur "l’identité nationale", base de ses performances
électorales ; la gauche (qui les a aussi maintenus dans cette condition)
se donne une apparence humaniste en les soutenant du bout des lèvres quand
cela semble électoralement payant. Les patrons les exploitent à mort, les
syndicats y voient une masse de manoeuvre à s’approprier (et, à travers
eux, tous les salariés issus de l’immigration). On comprendra que personne
(en dehors des principaux intéressés) n’ait intérêt à trouver une
solution.

Dans ce contexte, il y a un véritable pacte Sarkozo-cégétiste : pendant
qu’Hortefeux expulse, la CGT dispose d’un quasi-monopole, accordé Sarkozy,
pour les dossiers de régularisation. Ce sont le deux mors d’une même
pince. De tous les côtés, les sanspapiers sont donc appelés à la
soumission : les patrons ont les mains libres pour les licencier à la
moindre protestation, l’Etat pour les terroriser à petit feu par les
rafles, la CGT pour les encarter moyennant des promesses réalisées au
compt e - g o u t t e s . "Tous ensemble, tous e n s e m b l e " , quand
il s’agit de contrôler les sans-papiers et d’éviter la révolte des damnés
de la terre, ils sont vraiment "tous ensemble" !

Dans ce m é c a n i s m e bien huilé, il y avait à Paris un gros grain de
sable : la Coordination Sans Papiers 75 (CSP 75), qui, pour se faire
entendre du pouvoir et dénoncer le monopole cégétiste occupait l’annexe
Varlin de la Bourse du travail depuis le 2 mai 2008. C’est cette
opposition que la CGT, avec la complicité unanime des autres syndicats, de
la Mairie de Paris et du gouvernement, a cherché à abattre en organisant
une ratonnade.

LA COUPABLE

Courageuse quand il s’agit d’envoyer un Kommando aux méthodes fascistes
frapper des femmes et des enfants, la CGT l’est moins quand il s’agit de
s’expliquer. "Nous n’avons pas été avisés" tente de faire croire, sans
rire, la direction nationale cégétiste. D’après elle, la décision aurait
été prise au niveau départemental, sans que la tête cégétiste nationale
soit informée. Il faudrait vraiment mal connaître la CGT, dont le
fonctionnement stalinien est une caractéristique forte, pour accepter un
tel bobard : rien de la moindre importance ne se décide à la CGT sans que
la hiérarchie n’en soit informée. La technique de défense utilisée
aujourd’hui n’est pas franchement nouvelle. C’est celle du "mur du
silence", comme au plus beau temps du goulag (quand les cégétistes n’en
parlaient pas, puisqu’ils n’avaient pas été informés non plus).

Si vraiment "ils ne savaient pas", maintenant qu’ils savent, qu’est-ce
qu’ils attendent pour dire ce qu’ils en pensent ? Le silence pesant de
Bernard Thibault et de toute la hiérarchie est l’aveux le plus explicite
qui soit. On peut en conclure que non seulement "ils savaient", mais que
c’est probablement eux qui ont décidé. C’est donc la CGT dans son ensemble
qui porte la responsabilité de cette exaction.

LES COMPLICES

La Bourse du travail de Paris appartient à la Mairie. Elle est gérée par
une commission administrative composée des organisations syndicales
suivantes : CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires (SUD). Toutes
ces organisations ne contestent pas avoir donné leur accord au matraquage
et gazage des sans-papiers, sauf une : SUD qui dit... ne pas avoir été
avisé (curieux, tous ces gens qu’on aurait "oubliés"...), et qui vendredi
26 juin 2009, s’est même fendu d’un communiqué prétendant que : "Cette
expulsion n’a pas été décidée par la Commission Administrative de la
Bourse dont fait partie Solidaires Paris." Ah !, bon ? Mais alors
pourquoi, le 5 février 2009, SUD, participant à la Séance plénière de la
dite Commission administrative a-t-il adopté, avec l’ensemble des
complices, un communiqué dénonçant "Cette occupation, [qui] empêche le
fonctionnement normal des syndicats parisiens : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC,
UNSA, Solidaires qui ne peuvent plus accéder aux salles de réunions et aux
services de ce bâtiment" et se concluant par la menace très claire : "Dans
ce contexte, l’outil Bourse du Travail doit redevenir disponible pour les
salariés afin qu’ils puissent se défendre, avec leurs syndicats, contre
tous les mauvais coups.". Et pour "redevenir" l’outil disponible des
syndicats, la Bourse n’avait besoin que d’un bon nettoyage au Karcher.
C’était écrit depuis le 5 février, date à laquelle l’opération militaire
contre les sans-papiers était manifestement en route. [2]

LES HYPOCRITES

Sud mal à l’aise s’en sort en mentant, d’autres en tentant un double jeu.
Ainsi, les "élus Verts de Paris" dénoncent une "violence injustifiable" et
le "Nouveau parti anticapitaliste" (le fameux NPA de Besançenot), "des
méthodes brutales". Mais, on ne peut pas dire qu’ils en tirent les
conclusions qui s’imposent : les Verts restent dans la majorité de la
mairie de Paris, laquelle n’a pas nié avoir prêté main forte aux
nervis,... Bref, c’est une protestation toute platonique, pour la façade.
Comme celle de Besançenot : ses militants sont pratiquement tous adhérents
à la CGT, à SUD, ou à une des autres organisations complices. On n’a pas
entendu qu’ils aient massivement déchiré leur carte... Les trotskistes
disent une chose (dénoncer des méthodes brutales) tout en... participant à
fond aux organisations qui commettent ce qu’ils viennent de dénoncer...

Ça s’appelle de la politique. C’est pas franchement ni anticapitaliste ni
nouveau... La remarque précédente vaut aussi pour certains libertaires :
ceux d’Alternative libertaire, de la F.A. ou autres groupes sont
généralement encartés dans un des syndicats mentionnés ci-dessus ? Ça ne
les gêne pas non plus ? Ils ne voient pas le lien ? Il faut qu’on leur
explique davantage ? Elle vaudra aussi pour les organisations qui
prétendent soutenir les sans-papiers et co-signeront des textes avec la
CGT. Maintenant, elles savent !

Enfin, l’hypocrisie finale revient à l’Etat, ce fameux Etat de Droit que
tous nous intiment de respecter. Figurez-vous que sur le plan du Droit
justement s’il y a une chose qui est bien interdite, c’est de se faire
justice soi-même, de faire sa police soi-même. L’opération Kommando de la
CGT et des syndicats était donc parfaitement illégale. Elle tombe sous le
coup d’une foultitude d’articles du Code pénal tous plus graves les uns
que les autres (allant du droit commun comme des coups et blessures sur
mineur de moins de 15 ans, à la violence en réunion et même à la
constitution de fait d’une bande armée...).

Or, tout ceci s’est passé sous les yeux de dizaines d’officiers de police
judiciaire qui n’ont rien vu, rien constaté. Aucun Procureur de la
République non plus ne s’est saisi de l’affaire pourtant devenue de
notoriété publique (ce qui leur permet de s’en saisir, sans même qu’une
plainte soit déposée) [3]. S’il fallait une illustration qu’il y a bien
une alliance objective entre la CGT, les autres syndicats et le pouvoir
sarkozyste, cette cécité juridico- policière en offre une magnifique
illustration.

M.

[1] Comparaison excessive ? Après tout, si la CGT et ses complices se
donnent le droit de se comparer à la "Libération" (avec une majuscule)
pour se vanter de ce qui n’est qu’une misérable réaction de propriétaire,
nous avons pour le moins tout autant le droit de dire que leurs méthodes
sont celles employées par les SA et les miliciens fascistes italiens dans
les années 30.

[2] Oui, le communiqué est écrit dans la langue de bois habituelle des
syndicats. Si, pour un profane cela peut ne pas sauter aux yeux, tout
militant avec un peu d’expérience (et à SUD, il y en a qui en ont une de
longue, dans les grandes centrales...) comprend tout de suite ce qui va se
passer.

[3] Les personnes incriminées après les événements de Strasbourg et de
nombreuses autres manifestations en ont fait beaucoup moins (aucune
violence sur des enfants en bas âge ou des femmes ne leur est reprochée)
et n’ont pas bénéficié d’une telle clémence.

Article paru dans Anarchosyndicalisme ! n° 113

On peut le télécharger ici :

http://www.cntaittoulouse.lautre.net/secteur.php3?id_rubrique=1〈=fr

On peut aussi demander à le recevoir gratuitement en écrivant à

CNT AIT,

7 rue St Rémésy

31000 TOULOUSE


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16 juillet 2009

ALEVEQUE : Trop bon le gazier....


Le Petit Coin de Résistance - Episode 05
par Aleveque-Christophe

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CRS,SA,SS,STO......

En ce moment,plein de boulot donc pas trop le temps d'écrire : je fais de l'alimentaire bloggistique avec quelques articles choppés ici ou là.......A plus./ P.S : N'oubliez pas d'acheter SINE HEBDO

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Montreuil, la police récidive
Une semaine après la brutale évacuation du squat de la clinique, les CRS ont de nouveau joué de la matraque contre des manifestants, lundi soir.
Ils étaient venus manifester contre les violences de la police et ils ont obtenu pour unique réponse… des affrontements d’une heure avec les forces de l’ordre. Lundi, en début de soirée, 300 personnes s’étaient réunies afin de protester contre l’expulsion, mercredi dernier, d’une ancienne clinique, au cours de laquelle Joachim Gatti, réalisateur et petit-fils du résistant et dramaturge Armand Gatti, a perdu un oeil. Les médecins experts concluent dans leur rapport que, « vu l’impact de la blessure reçue, celle-ci ne peut avoir été réalisée que par un Flash-Ball ». Lundi, « l’ambiance n’était pas réellement tendue. La seule tension dont on peut parler était morale et elle était due au souvenir de l’attitude de la police la semaine d’avant. Et à ses tirs sans sommation, à bout portant », raconte Alice, de la Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France.

LA CHARGE DES CRS

Le rassemblement, qui regroupait, entre autres, des habitants de la ville, des squatteurs, des élus, des syndicalistes et des enfants, a débuté vers 19 heures par des prises de parole, des lectures de textes, puis des feux d’artifice, avant d’entamer une marche vers le centre-ville. « Compte tenu de ce qui s’était passé la semaine d’avant, certains manifestants étaient casqués pour se défendre et ne pas se laisser tirer comme des lapins, précise Alice. Devant la place du marché, la brigade anticriminalité et des CRS ont commencé à charger, à user de gaz lacrymogènes et à sortir les matraques. » Après avoir scindé le cortège en deux, ils s’en sont violemment pris aux porteurs de banderoles. La réplique ne s’est pas fait attendre : des manifestants ont alors jeté des projectiles, des chaises et de la peinture. Onze personnes, placées en garde à vue, ont été relâchées hier matin, sans convocation ni poursuite.

La maire de Montreuil,Dominique Voynet, a dénoncé « une démonstration de force totalement inutile qui a généré à son tour le désordre ». Et de souligner : « Le métier de la police consiste à séparer la grande masse des manifestants pacifiques et de faire en sorte de cantonner les personnes qui pourraient être tentées d’en faire plus. Il se trouve que ça n’a pas été le cas. » L’édile a également mis en cause les propos du directeur départemental de la sécurité publique. Interrogé par les habitants, il aurait rétorqué : « Si vous n’êtes pas contents, il faut être conscient du fait qu’en Iran, on tire sur des gens. »

De son côté, Jean-Pierre Brard, député (apparenté communiste) de Seine-Saint- Denis et ancien maire de la ville, a demandé au ministère de l’Intérieur le retrait du Flash-Ball, « une arme qui peut tuer ». Avant de souligner « l’ambiguïté de l’attitude de la municipalité à l’égard du squat (…) dont quasiment aucun membre n’est inscrit au fichier des demandeurs de logement de Seine-Saint-Denis ». Depuis janvier, cette ancienne clinique avait été reconvertie en lieu de vie original à Montreuil : projections de films, repas, défense des sans-papiers, réflexion sur la cherté des loyers en région parisienne… Dimanche prochain, à 15 heures, une réunion est prévue à La Parole errante, en soutien à Joachim Gatti.

Lina Sankari

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12 juillet 2009

C est nul ! C est neuf ? Non ! Reecrit par des cons !

SUR ARTICLE 11

Pour un blogueur, cool d’être repris ? Ça dépend… Quand c’est un site d’extrême-droite qui fait main basse sur votre prose, le truc paraît tout de suite moins sympathique. Surtout quand le mec se permet de remanier le billet tout en conservant votre signature… Qu’importe : c’est l’occasion d’une petite plongée dans la nouvelle extrême-droite, galaxie très disparate qu’un même antisémitisme camouflé en antisionisme réunit.
Quand l’extrême-droite mue : petite plongée dans la galaxie des fachos "antisionistes et anti-impéralistes"

vendredi 10 juillet 2009, par JBB

Ne pas se fier à son intitulé : le site Tout Sauf Sarko [1] n’a rien de sympathique. Il appartient à une étrange nébuleuse, celles de blogs et sites clairement d’extrême-droite mais surfant - pour avancer à couvert - sur un antisémitisme déguisé en antisionisme et sur la reprise de quelques-uns des combats de la gauche. Sans doute pour ça qu’Article11 a l’insigne déshonneur de s’y trouver placé en lien, avec cette présentation biaisée : « Site non conformiste de qualité, plutôt de gauche… » [2] À nos côtés, voisinage fantastiquement déplaisant, des liens vers Égalité&Réconciliation, « le site des amis d’Alain Soral », vers La Banlieue s’exprime, « le site de l’association du même nom », vers le site du Mouvement des damnés de l’impérialisme ou vers VoxNR, présenté comme « le site de la résistance européenne ». En haut de cette liste de liens, tous d’extrême-droite, ce petit message : « De gauche ou de droite, peu importe, ce sont des sites qui vont dans un bon sens, celui de la résistance : des faits, des analyses, des argumentaires, du matériel à télécharger etc… »

*
Alors ? Pour être franc, qu’un site facho place A.11 en lien nous en touche une sans bouger l’autre… Logique : on sait pourquoi on se bat et on connaît nos ennemis. L’extrême-droite, qu’elle se présente sous un jour classique ou sous une forme remaniée - façon combat contre la mondialisation et le sionisme -, reste pour nous une bête à abattre. Purement et simplement.
Bien plus désagréable par contre - parce que cela revient à brouiller les cartes et à dénaturer l’identité numérique - est la fâcheuse habitude du webmaster du site Tout Sauf Sarko de copier-coller sur son site certains des billets publiés sur Article11 : en date du 9 juillet, il en est deux à figurer sur sa page d’accueil : "De l’art de bourrer les urnes par la bande : l’enfumage électoral pour les nuls", par Lémi, et "Il mérite un maroquin ! Ode à Eric Raoult…", de moi. Le bougre se permet aussi d’en modifier des passages, transformant par exemple le titre de mon billet sur Eric Raoult en : "Il mérite un maroquin ! Ode à Éric Raoult… Ancien d’Ordre Nouveau devenu, comme d’autres, pourceau de l’UMP."

Pis : le webmaster rajoute aussi des phrases et des notes de son cru. Tout en gardant la signature de l’auteur d’origine… Ainsi le billet sur Raoult, signé JBB en ouverture et linké Article11 en fin de texte, se voit crédité d’une note renvoyant à une vidéo du Parti antisioniste et présentée comme faisant partie intégrante de mon billet. Très déplaisant.

Bien évidemment, le webmaster de Tout Sauf Sarko sait ce que je pense de ses pratiques et de ses idées. Mais il n’en a cure. Pourquoi s’embêter ? Enregistré aux États-Unis, ainsi que le confirme WhoIs, il sait qu’il peut faire ce qu’il veut sans risquer grand chose.

*
C’est désagréable, donc. Mais soyons francs : ça ne nous empêchera pas de dormir.
Par contre - et c’est là beaucoup plus intéressant - la pratique de Tout Sauf Sarko est emblématique. Parfait symbole du hold-up sur les valeurs de la gauche qu’un certain nombre d’activistes d’extrême-droite tentent de réaliser, histoire de brouiller les pistes et de ratisser large. Incarnation de ce remue-ménage qui s’opère dans la sphère facho, où de nouveaux-venus se réunissent sous la bannière de l’antisionisme et de la lutte contre ce qu’ils appellent "mondialisme". Et illustration idéale de l’étrange marigot idéologique - à base d’antisémitisme et d’anti-impérialisme - que concoctent jour après jour les sorciers-plus-du-tout-apprentis de La Banlieue s’exprime, du Centre Zahra, du mouvement de Kemi Séba ou - versus institutionnel à destination des urnes - de la liste antisioniste menée par Dieudonné aux dernières élections européennes. L’occasion, donc, d’un bref passage en revue de ces nouveaux et étranges soldats de l’extrême-droite.

*
Activisme sur internet
Qu’est-ce qui peut bien réunir l’agitateur antisémiste Dieudonné, les communautaristes extrémistes de La Banlieue s’exprime, les intégristes chiites du Centre Zahra, les nationalistes rouges-bruns d’Egalité & Réconciliation menés par Alain Soral, les "ethnodifférencialistes" banlieusards des Damnés de l’Impérialisme (anciennement Tribu Ka de Kémi Séba) et même le journaliste dévoyé et complotiste Thierry Meyssan (Réseau Voltaire) [3] ? Tous partagent un même antisémitisme, camouflé en antisionisme. Un combat commun qui leur permet de marcher main dans la main, en dépit de leurs profondes différences et contradictions. Et qui constitue un point de rupture évident avec une partie de l’extrême-droite dite traditionnelle, chez qui la peur du musulman restera toujours plus forte que celle du juif. On imagine mal, par exemple, les bas-du-front classiques, qui cultivent depuis vingt ans la haine des immigrés et de l’Islam, reprendre à leur compte cette phrase du nationaliste Alain Soral : « La culture musulmane, elle, ne produit pas des délinquants drogués et suicidaires, mais des hommes élevés dans des valeurs. Des valeurs de dignité et de respect qui ressemblent beaucoup, finalement, à celles qu’on inculquait aux hommes de France, et à moi-même, avant la déferlante du néo-matriarcat à l’américaine importé par mai 68. »

Illustration de l’alliance de fait de ces groupuscules, le débarquement d’une partie de leurs militants à la manifestation de soutien à Gaza organisée le 24 janvier dernier, à Paris. Quelques dizaines de membres d’Égalité & Réconciliation, du Centre Zahra et des Damnés de l’Impérialisme ont tenté de se joindre au cortège. Nationalistes crétins, chiites intégristes et gros bras du MDI, ils ont heureusement été virés de la manif à grands coups de pied au cul par le service d’ordre et les antifas.

Affiche de campagne de la liste Dieudonné aux dernières Européennes.
Cette cohorte de groupuscules s’est récemment trouvée une façade institutionnelle, grâce la liste antisioniste lancée par Dieudonné aux Européennes. Financée par l’ancien imprimeur du FN, Fernand Le Rachinel, désormais en rupture de ban avec le parti de Jean-Marie Le Pen après une histoire de gros sous, celle-ci réunissait notamment, outre Alain Soral et Yahia Gouasmi (directeur du Centre Zahra), quelques personnalités déviantes, façon Emmanuelle Grilli (militante du Renouveau français, organisation catholique nationaliste), Schepens Charles Alban (président de l’association Fraternité francro-serbe et habitué du Kop de Boulogne), Ginette Hess-Skrandani (exclue des Verts en 2005 pour sa proximité avec des négationnistes) ou encore Ahmed Moualek, président de La Banlieue s’exprime [4]. Tous faisant front commun pour dénoncer les « esclavagistes » du « système sioniste » et fustiger un lobby qui, affirme Yahia Gouasmi, « exerce une pression permanente sur les médias, l’enseignement, la classe politique … ».
Finalement, la liste - c’est la seule bonne surprise des Européennes - n’aura que peu séduite ces électeurs déclassés et exclus auxquels elle prétendait s’adresser : présente uniquement en Île-de-France, la Liste antisioniste n’y a obtenu que 1,30 % des suffrages, avec une pointe à 2,83 % en Seine Saint-Denis. Son meilleur score a été réalisé à Gennevilliers, avec 6,35 % des voix.

*
Une (omni)présence sur le net
Habituée à travailler ensemble, présente aux élections, cette mouvance est logiquement présente sur le net, où elle se retrouve et s’informe en des lieux très ciblés, ni sites d’extrême-droite "classiques" (c’est à dire d’abord axés sur l’identité nationale et la dénonciation de l’islam, à l’image de FdSouche ou de Novopress), ni membres de la réacosphère (dont le blog collectif CulturalGangBang - qui cite en liens aussi bien CQFD, Actu Chômage, Le Plan B, Article11, l’Observatoire du Communautarisme que toute une galaxie de blogs très très marqués à droite - est un parfait exemple).
Non. Eux fréquentent une galaxie de sites plus ou moins amateurs qui, pour une bonne part, accordent une large couverture au conflit israélo-arabe, à l’actualité iranienne, à tout ce qui peut rentrer dans la case "actualités juives", aux thèses complotistes, ainsi qu’à tous les mouvements de libération et gouvernements non-alignés sur lesquels ils pensent pouvoir faire main-basse. Une orientation parfaitement incarnée par la page d’accueil de la liste antisioniste, laquelle met en exergue des citations de Mahmoud Ahmadinejad, de Soral, de Dieudonné, de Meyssan [5] et… d’Hugo Chavez et d’Evo Morales [6].

Comme tête de ponts de cette galaxie, des sites comme Alter Info, VoxNr, qui se veut « le site quotidien de référence des nationalistes-révolutionnaires et solidaristes européens » et est animé notamment par Christian Bouchet (ancien du MNR se définissant en « référence au nationalisme révolutionnaire, au courant rouge-brun, au national-bolchévisme ») et par Philippe Randa (ancien du Parti des forces nouvelles et confodateur du bimensuel d’extrême-droite Flash infos Magazine), ainsi que le site GéoStratégie [7], le site Mecanopolis et toute une palanquée de blogs louches et plus ou moins élaborés. On y retrouve aussi tous les sites des groupuscules politiques cités plus haut, ainsi que celui du Réseau Voltaire.

Soral [8] et Dieudonné.
*
Le prétendu combat contre la mondialisation
Ce n’est pas nouveau : une partie de l’extrême-droite a toujours teinté ses discours d’un pseudo-altermondialisme. Une lutte prétendue contre le capital qui, hier comme aujourd’hui, est d’abord marquée de l’obsession antisioniste : puisque les lobbys juifs sont partout et contrôlent la finance, les médias, les institutions internationales, la "résistance" (terme utilisé à toutes les sauces au sein de cette mouvance) se teinte forcément de références plus ou moins avouées à la lutte des classes et à l’anti-impérialisme. La crise n’a fait qu’encourager cette tendance à la récupération d’une partie des thèmes traditionnels de la gauche, autant parce que les groupusculaires d’extrême-droite ont senti qu’il y avait là une opportunité de rallier de nouveaux adhérents que parce que l’écroulement partiel du système financier s’intègre parfaitement dans leur schéma d’explication du monde.

Cette récupération du combat anticapitaliste est chose d’autant plus facile qu’une partie des meneurs des groupuscules de la nouvelle extrême-droite sont passés par la gauche. Ainsi de Dieudonné qui, jusqu’à la fin des années 1990, se disait partisan de la régularisation des sans-papiers, du droit de vote des immigrés et du droit au logement, ainsi qu’artiste engagé contre le Front national qu’il considérait comme un « cancer ». Ainsi - encore bien davantage - d’un Alain Soral, qui se prétend très marqué par la lecture des œuvres marxistes et fut membre du PCF de la moitié des années 1980 à 1993 : candidat de la liste antisioniste, il affirmait il y a quelques mois défendre « les travailleurs français (…) face à l’entreprise de destruction par le capitalisme mondialisé ». Ainsi - enfin - d’une Ginette Hess-Skrandani, longtemps membre des Verts avant d’en être exclue.

Quant au Centre Zahra, à La Banlieue s’exprime et aux Damnés de l’Impérialisme, c’est la lecture communautariste de la société, la prétendue défense des exclus - banlieusards et immigrés - et la revendication d’une sensibilité tiers-mondiste, le tout combiné à une vision complotiste faisant du « lobby juif » le responsable de tous les malheurs du monde, qui explique leur flirt occasionnel avec le vocable ou les valeurs de la gauche. Révélateur à cet égard est un communiqué (en date du 8 juillet) du bureau politique des Damnés de l’Impérialisme faisant part de la nomination d’un certain Thomas Demada à la tête de « sa branche francophile » :

Un “job” taillé sur pièce pour Thomas Demada, ancien responsable Grand Est d’E&R et actuellement éducateur social dont les origines (de mère catholique-française de souche- et de père musulman d’origine bosniaque) illustrent à merveille le néo-humanisme du XXIe siècle tant prôné par le MDI, écrivent les membres du bureau politique.
Passionné des grands mouvements de libérations tiers-mondistes d’Afrique, d’Amérique-Latine ou encore du monde arabe, Demada incarne cette nouvelle génération de responsables politiques férocement attachés à l’idéal de justice et de fraternité entre les peuples.
A son image, la branche francophile s’efforcera de faire en sorte qu’amour du pays et de ses traditions ne riment plus avec détestation et sentiment de suprématie envers les autres peuples. Une éthique de l’engagement politique qui permettra désormais aux noirs, arabes et français d’ avancer à l’unisson contre l’impérialisme et le néo-colonialisme.

On s’y tromperait, n’est-ce pas ?

Oui. Et c’est bien l’intention des amis de Kémi Séba, eux qui ne souhaitent rien tant qu’entretenir la confusion. Un point que soulignent, à juste titre, les rédacteurs du dossier sur les nouveaux antisémites paru dans Barricata :

En se positionnant comme les seuls rebelles face au « système », ces mouvements renouent avec un discours teinté d’anticapitalisme et d’antisionisme qui cultive une ambiguïté malsaine. En désignant les « Juifs » comme responsables de la crise, ces associations entendent souffler sur les braises encore vivaces d’un antisémitisme historique qui ne demande qu’à reprendre corps dans la société française et sur fond de conflit israélo-palestinien parmi les populations issues de l’immigration. Le délitement des solidarités de classe remplacées dans certains quartiers par un repli communautaire ou individualiste dans un contexte de destruction des droits sociaux est un terreau propice au développement de telles idéologies.

Notes
[1] Tous les sites cités en ce billet sont linkés. Je n’ignore pas la réaction de bon nombre d’entre vous, convaincus que rien ne sert de leur faire de la publicité - même minime - en renvoyant sur leur page d’accueil. Mais il me semble indispensable de renvoyer aux sites quand on souhaite informer.

[2] « Plutôt de gauche » ? Et mon cul, c’est du poulet ?

[3] Un dossier fort complet sur ces groupuscules et sur les nouveaux antisémites a été publié dans Barricata et est consultable sur le blog antifasciste RLF-MLV : pour en lire les différentes parties, naviguez dans la liste d’articles, en bas à gauche.

[4] Ici encore, j’ai pioché dans les informations disponibles sur le site RLF-MLV. Merci à eux.

[5] Rappelons que Thierry Meyssan a notamment participé à un fort curieux voyage d’étude au Liban en 2006, organisé par Frédéric Chatillon, ancien militant du GUD, joyeuse excursion qui a vu l’animateur du Réseau voltaire arpenter les rues de Beyrouth avec Dieudonné, un conseiller régional FN et un journalisme de Minute. Oui : le complotisme mène à tout…

[6] Sacrilège des sacrilèges… Lémi, si tu lis ces lignes, tente de contenir ta fureur.

[7] Lequel propose notamment une interview du terroriste Carlos, avec cette précision en introduction : « Pour certains, c’est un terroriste condamné par la justice française à la réclusion criminelle à perpétuité, pour d’autres, il incarne la plus pure figure du soldat politique et du résistant antisioniste. »

[8] Et non Meyssan, comme indiqué précédemment par erreur.

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04 juillet 2009

CONTRESUBVERSION ?

Lu sur Ars industrialis : "La doctrine de la guerre révolutionnaire, spécialité française, ne subit-elle pas un regain d’actualité ? De l’ultragauche au sans-papiers, du chômeur à l’anti-hadopiste, du gréviste au schizophrène dangereux, les stigmatisations et dénonciations de groupes sociaux rappellent cette spécialité de la police et de l’armée françaises aussi appelée doctrine de la contresubversion.

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Un climat de terreur latente

Si la doctrine de la guerre révolutionnaire est de retour, au moins à titre d’arme politique, cela signifie que l’ennemi intérieur, ou plutôt les ennemis intérieurs sont l’objet d’une seule et même campagne de création d’ennemis de la société [1]. Une campagne relayée et amplifiée par la caisse de résonance médiatique. Selon la doctrine de la guerre révolutionnaire, sur laquelle nous revenons plus bas, cette campagne aurait pour effet d’activer chez les groupes non stigmatisés un réflexe de non identification et de non solidarité avec les groupes stigmatisés, et, par suite, de recentrement autour du discours officiel. Des attaques multiples qui pourraient n’être qu’une tentative de terrorisation et d’orientation psychologique de la « majorité silencieuse », victime d’une manipulation destinée à servir des enjeux d’une domination politique.

Le principe marche très bien à l’échelle d’une population : pourquoi dans le cas où l’on n’appartient à aucun des groupes stigmatisés se rapprocherait-on d’eux ou adopterait-on leurs idées, à moins de vouloir se confronter aux autorités, avec ses collègues bien-pensants ou avec… son boss ? C’est ainsi que certains salariés ont refusé l’étiquette de « rouges » et ne se sont pas déclarés grévistes lors des dernières manifestations nationales. Combien serait-on si chacun pouvait débrancher ce petit système de survie ? La suggestion marche de fait très bien, comme dans l’expérience de la goutte d’huile dans l’eau, au milieu du sel et du poivre – pour ceux qui ne connaissent pas l’expérience, l’huile sépare brutalement le sel et le poivre, qui s’en vont chacun sur un bord opposé de l’assiette. Chez les esprits bien pensants, le principe d’éloigner des groupes visés par la stigmatisation ou la répression, qu’elle soit policière ou médiatique, et, corrélativement, d’identification avec les groupes non visés, est une tendance inévitable.

Dans l’hypothèse où la surenchère sécuritaire reposerait sur une stratégie de contresubversion, les attaques répétées contre les « virus » du système politico-économique actuel auraient pour but de diffuser un sentiment de terreur et, corrélativement, de passivité, au moment même où les attaques du système démocratiques se multiplient et où le citoyen ressent qu’il a perdu le pouvoir de faire entendre ses exigences [2]. Cette perte de pouvoir est précisément ce qui doit être maintenu le plus longtemps possible dans l’ombre en limitant la propagation de l’esprit de révolte, en orchestrant la désignation d’ennemis intérieurs et la stabilisation de l’opinion. Nous verrons que cette stabilisation sert, dans le même temps, à légitimer le déploiement d’une architecture du contrôle et des choix sécuritaires en vue de la répression de tous les contre-pouvoirs émergents, autrement dit le maintien d’une politique de classes.

Retour sur une doctrine de guerre

Au Festival des résistances et alternatives à Paris (FRAP), mi-mai, Mathieu Rigouste exposait à ses auditeurs ses recherches sur les techniques de la guerre révolutionnaire, à partir notamment des archives de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN). En tant que spécialité qui a valu aux Français une réputation mondiale, la doctrine de la guerre révolutionnaire tire son origine d’expériences de guerres, en Indochine puis en Algérie. Ces expériences, incluant torture, disparitions forcées, infiltrations, recensement, maillage de la population, dénonciations, visaient d’une part à maîtriser l’adversaire et d’autre part à obtenir la collaboration de la population non révolutionnaire. Ces expériences furent rassemblées dans plusieurs documents au retour de la guerre d’Indochine.

La doctrine suppose que les « virus » subversifs – révolutionnaires, communistes, de libération nationale, etc. – mettent en danger la population d’une zone, ayant des effets nocifs sur son « unité » et pouvant aussi renverser l’opinion de la partie non atteinte de la population. Ces virus subversifs sont cachés au sein de la population, sans qu’on puisse séparer les citoyens inoffensifs des révolutionnaires. Ils sont logiquement organisés autour d’une OPA (organisation politico-administrative). La mission de l’armée et des services de renseignement est alors de lutter contre ces virus en identifiant et en poursuivant l’OPA dans la population globale. Pour y parvenir, il est nécessaire d’influencer celle-ci, en la persuadant de son intérêt à ne pas cacher les subversifs, à s’en éloigner, ainsi qu’à collaborer et à dénoncer les membres de l’OPA.

Constituée entre 1953 et 1960, la doctrine a fait l’expertise des renseignements et de l’armée française à l’étranger, au point que d’autres pays sont venus se former en France à ce type de tactique urbaine. Elle a été interdite officiellement en France en 1961, mais cela n’a pas empêché Mai 1968 d’en être un nouveau terrain d’application. De plus, depuis les années 1970, quoique interdite, la doctrine a sans doute contribué à façonner la grille de lecture sécuritaire face aux poulations immigrées, vécues comme vecteur intérieur d’une menace globale – islamisme, terrorisme, immigration clandestine, violences urbaines… – et a entraîné la mise en place du nouvel ordre sécuritaire sur une base identitaire. C’est l’avis de Mathieu Rigouste [3], pour qui le modèle matriciel issu des guerres coloniales a imprégné la vision des politiques de sécurité intérieure et les premiers dispositifs sécuritaires.

Au sein de l’IHEDN, qui n’est autre qu’un institut créé par Pétain pour former les cadres de la nation, Mathieu Rigouste indique que la doctrine a toujours eu ses défenseurs, qu’elle y reste discutée encore aujourd’hui et continue d’influencer une élite à la fois militiaire, politique et médiatique par ses principes simples et efficaces. Or cette élite de l’IHEDN, qui est pour un tiers composée de cadres de l’armée, pour un tiers de magistrats et pour un tiers de personnalités du privé – patrons de l’audiovisuel et de la presse, du complexe militaro-industriel… –, est-elle toujours chargée ou tentée de transmettre les représentations des subversifs et la manière de les reconnaître dans le corps social ? La doctrine peut-elle s’étendre à de nouveaux ennemis, de plus en plus imaginaires ? Et dans quel but, sachant qu’une telle stratégie se double toujours d’enjeux de domination totale ?

Les « risques gris » et la multiplication des « ennemis intérieurs »

A ces questions il est tentant de répondre par une autre : pourquoi un pays dont c’est la spécialité, qui a plusieurs fois affirmé sa supériorité dans ces techniques, y compris en 1968, et dont l’élite (militaire, médiatique, etc.) continue à être en contact avec les principes très simples de la contresubversion, bref, pourquoi l’ordre établi se priverait-il d’une telle arme ? L’on n’abandonne pas une arme qui marche, qui plus est dans un pays dont c’est devenu la spécialité en matière d’ordre social…

Plus précisément, dans un rapport des RG de 2005, au moment où la police est confrontée aux émeutes urbaines dans les banlieues, les risques « sociaux » prennent le pas sur l’islamisme, qui formait jusqu’alors le principal ennemi potentiel. Il y a une inflexion dans la façon de considérer les facteurs de risques sociaux. Le rapport de RG généralise la cause des émeutes. Il s’agit d’un « risque gris » multiple, au sein des milieux populaires, par opposition aux milieux bourgeois. Tous les milieux populaires sont considérés comme des milieux à risques. A cette période, les discutants de l’IHEDN montrent qu’il ne semble pas y avoir de récupération gauchiste ni d’animation terroriste dans les émeutes et que ces mouvements sont avant tout « sociaux », autrement dit sans véritable OPA – l’organisation politico-administrative qui caractérisait le réseau subversif. Curieusement, après les émeutes, la police française a redoré son blason de spécialiste mondial dans les combats contre les risques intérieurs. Depuis, quoiqu’il ne s’agisse pas de rechercher la « tête » de réseaux de subversion – et peut-être à cause de ce côté flou des « risques sociaux » mal définis –, l’on voit sans cesse brandir des solutions de quadrillage technologico-sécuritaire du territoire, comme ces derniers jours autour des établissements scolaires.

Cependant, il ne peut être question d’étendre ces instruments de contrôle à tous les espaces publics et parfois privés – cf. l’incitation faite aux commerçants de s’équiper de caméras de sécurité – sans créer ou orchestrer des événements qui le légitimeront. C’est là que le principe psychologique de la contresubversion pourrait s’avérer efficace, pour légitimer ces installations en s’appuyant sur la construction d’ennemis intérieurs désignés. Ainsi, la croissance du nombre d’interpellations, de violences policières, de garde à vue prolongées, ainsi que de stigmatisations de plus en plus multiformes de groupes sociaux présentés comme subversifs pourraient servir la logique de domination globale d’une classe dirigeante de moins en moins « soucieuse » des libertés. Cette logique globale, au-delà des intérêts que l’on pourrait qualifier d’économiques – de relance économique par l’innovation sécuritaire, puisque la recherche et l’équipement technologique sécuritaire se trouvent de fait largement stimulés – est surtout porteuse d’une intention de maintien de l’ordre. Intimider, voire terroriser l’opinion, et par là aussi et surtout : convaincre une majorité d’adhérer au renforcement de tous les contrôles et de maintenir en place un pouvoir qu’elle serait tentée de désavouer s’il n’y avait pas ces ennemis intérieurs.

Dans les faits, les dispositifs sécuritaires conquièrent des espaces où ils n’auraient pas été tolérés un an plus tôt. Installations de caméras, fichiers de renseignements, portiques de détection des métaux, fouilles des élèves, descentes de police – vecteurs d’une « bonne insécurité » selon certains, après des descentes de prévention contre la drogue –, etc., gagnent tout le système éducatif. Dans la même logique antisubversive, il faut rappeler, fin 2008, un appel d’offres du ministère de l’Education pour la création de fichiers répertoriant les « leaders d’opinion » à l’université, analysant « leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ». Ce système en place depuis 2006, de l’aveu du ministère, et digne des méthodes de renseignement les plus contresubversives augure mal de la façon de considérer le milieu universitaire. Il faut dire que depuis la loi Devaquet, en 1986, et à la suite des mouvements anti-CPE en 2006, le gouvernement a fort à faire avec la lucidité d’un milieu retors aux manipulations (sans parler des prises de conscience de cette année). De fait aussi, les lieux de la criminalité désignés comme tels se multiplient, avec une focalisation particulière, ces jours-ci encore, sur le système éducatif, après le coup de poignard d’un collégien sur une prof de maths qui l’avait puni ou l’agression d’une CPE dans les couloirs d’un collège. Des faits dramatiques surexploités et où l’on se hâte de légitimer la réponse sécuritaire par l’exemple du grand frère américain. Las, l’intelligence statistico-comparative a ses limites lorsqu’on n’oublie tant d’autres paramètres et que l’on fait l’impasse sur le bilan d’un pays en proie à une crise totale… Mais certains continuent, comme le fait le gouvernement, à se servir de l’argument d’autorité du grand frère américain.

Quant aux offensives médiatiques, la liste serait longue. Quelques-unes parmi les plus visibles : en janvier 2009, le JDD titrait à propos des grévistes de Saint-Lazare : « SUD, le nouvel ennemi public », au milieu d’une campagne médiatique générale analysée par Le Plan B dans son numéro de février-mars ; des colonnes entières sont consacrées aux sacages occasionnés en marge des manifestations – anti-OTAN, anti-G20, grèves nationales… –, dont certains sont visiblement entretenus par les services de sécurité ; quant au montage de l’« ultragauche » et de la « bande à Coupat », référence aux années 1920 dont personne ne connaît plus rien, il est l’emblème du refus de laisser émerger des alternatives critiques (aux modes de production-consommation actuels, etc.) et de voir étalés au grand jour les tabous de l’ordre établi. D’une manière générale, la presse a intérêt à relayer les attaques du gouvernement, à stabiliser l’opinion et à la maintenir éloignée des « subversifs », faisant le jeu de la contresubversion en relayant les effets d’intimidation [4].

Il faudrait ajouter, parmi d’autres, la manipulation des chiffres sur la délinquance pour modifier les principes de la justice des mineurs, les attaques aux sans-papier pour justifier des chasses à l’homme terrorisantes, la culpabilisation des associations d’aide aux sans logement (le DAL face à la justice) ou aux sans-papiers, l’organisation de la délation, etc. Face à ce qui pourrait être des applications médiatiques du principe de contresubversion, on ne peut omettre de mentionner la grippe A, diagnostiquée comme une pandémie dès les premiers cas et elle aussi en bonne place pour maintenir l’angoisse d’une pandémie mortelle à son maximum, laisser planer la perspective d’une loi martiale prochaine – comme au Mexique début mai, où elle a favorisé des interpellations. Une situation visiblement prévue depuis mi-2007, date où un programme d’éducation récemment évoqué par le président de France Télévisions a été conçu avec l’aide de France 5, afin de poursuivre l’éducation des jeunes par des modules télévisés, dans l’hypothèse où serait pronconcée l’interdiction de sortir des chaumières.

A la différence de la guerre révolutionnaire, la figure de ces ennemis est entachée d’un flou général quant à leurs revendications. Cela rappelle le « risque gris » mentionné plus haut, et l’absence d’OPA dans un certain nombre de cas. En revanche, dès qu’un simili d’OPA se présente, il devient une cible directe. Un risque gris émergeant qui plonge ses racines dans la remise en cause de l’ordre établi, la lutte contre un Etat mafieux ou, comme on pourrait le dire à l’ancienne : la lutte des classes… Et cela au sein des milieux populaires, mais pas seulement – Coupat dans l’interview qui précède sa remise en liberté a cette phrase : « Il y a de la plèbe dans toutes les classes » (citant Hegel)… C’est ainsi que sont visées toutes les voix discordantes qui ne servent pas la « planification » étatique en matière de développement industriel et social, les choix de l’innovation et de la croissance financière, toutes les voix discordantes qui luttent contre les choix sécuritaires et de contrôle, contre la régression du droit du travail et les choix de mise au pas du salariat par les grandes instances internationales, et enfin toutes les générations susceptibles d’apprendre et de repenser le monde autrement – d’où la focalisation sur les étudiants et la jeunesse. Tout cela doit être considéré comme des virus et il faut empêcher la collusion et le rapprochement du reste de la population avec eux, qui pense : « Plutôt ma sécurité que de moisir au poste 96 heures pour avoir barbouillé un panneau publicitaire »… (comme c’est arrivé récemment à des antipubs).

Ces « virus » peuplent les journaux, les postes de police ou les prisons, soumis à des procédures d’interpellation, de garde à vue et d’emprisonnement de moins en moins conformes au droit et à la justice. Les rapports récemment publiés d’Amnesty, de la LDH ou de la Commission de déontologie de la sécurité confirment la tendance, même s’ils font l’objet d’une médiatisation infime et que la classe politique s’en saisit très peu. Même, à un autre niveau, le bilan 2009 de la CNIL – qui comportait des critiques sur les atteintes au droit dans la loi Création et Internet – a subi un retard de publication jusqu’au dernier vote de la loi Hadopi afin de limiter sa médiatisation. C’est dire la transparence dans laquelle ces rapports sont publiés et accueillis par la classe politique. Sans doute les rapports sur la sécurité seront-ils eux aussi lettre morte au niveau politique, car les violences policières et les interpellations dites régulières sont, vis-à-vis des subversifs, la preuve renouvelée d’une stratégie de violence morale et d’une urgence de soumission générale de la société.

Ici, en temps de paix, les caméras, interpellations, fichiers, enregistrements divers valent pour le quadrillage des villes et les barrages filtrants dans la casbah d’Alger en pleine guerre d’Algérie. En temps de paix aussi, cette arme psychique qui consiste à faire grandir les peurs, sur fond de crise économique, s’avère être l’arme idéale pour faire admettre une politique d’inégalités contraire aux intérêts de la majorité.

L’ère de la manipulation

Voilà au final à quoi pourrait servir la multiplication des groupes stigmatisés et l’amplification du volume des attaques contre toutes sortes d’opposants :
1) faire agir la séparation spontanée entre « ceux qui n’ont rien à se reprocher » et les personnages « dangereux pour la société » ;
2) faire entrer en vigueur tous les dispositifs les plus impensés auparavant afin de préparer le contrôle de tous les espaces sociaux, voire privés ;
3) Maintenir un ordre de domination dont les intérêts sont classiques : la domination sans contre-pouvoir, avec de nouveaux instruments de l’ordre, y compris les techniques d’intimidation psychologique.

L’on peut considérer aujourd’hui que l’Etat et la classe dominante organisent la domination d’une manière technique, en abusant de leur statut officiel d’Etat et de dirigeants ou de professions influentes, par la dénonciation officielle d’ennemis de l’ordre intérieurs dont il s’agit d’éloigner le reste de la population. Il faut organiser la suspicion à l’égard des fauteurs de troubles afin qu’elle soit plus forte que la suspicion que peuvent engendrer le maillage des lieux d’existence par l’industrie sécuritaire ou le marketing, la destruction systématique des oppositions émergentes et les politiques d’inégalités. C’est en effet le seul biais qui s’offre à eux pour maintenir un simulacre d’adhésion. Et cela marche sur tous les esprits bien-pensants.

Et si cela s’avérait ne pas être une technique de contresubversion – mais une logique autogénérée par le système de gouvernementalité actuel, fondé sur des calculs de risques, et qui, selon une logique foucaldienne, génère de façon systématique des instruments d’analyse et de contrôle de ces risques pour installer ses parefeux là où sont décelés des risques d’insécurité –, les conséquences psychologiques sont identiques : le témoin des coups de sang des ministres et des stigmatisations à l’emporte-pièce interprète que, s’il est un bon citoyen, il ne doit pas s’acoquiner ou collaborer avec les « rebelles ».

Inquiéter, terroriser ou empêcher les plus dociles de rejoindre le camp « rebelle » : cela marche sur tous les esprits bien-pensants à l’heure ou il semble que la pire des obcénités soit devenue l’exigence de liberté.

Louise A. Renard
Publié sur hns-info

[1] On pourrait ajouter d’autres axes, ils se multiplient tous les jours et convergent, sans réelles raisons, à former un ennemi global : ainsi, de l’anti-hadopiste (cf. le salarié de TF1 licencié) à l’anti-ogm, dont les premiers sont « criminels » vis-à-vis de l’industrie de la création, et dont les seconds pourraient un jour se voir accusés d’empêcher certains industriels de « nourrir l’humanité », vu la tendance de la propagande pro-ogm à affirmer être une solution contre la faim dans le monde… Les axes seront sans doute innombrables dans quelque temps, ce qui, dans l’hypothèse de forger une ennemi global, peut avoir pour effet de faciliter la doctrine de la contresubversion, car les interpellations seront d’autant plus faciles que le chef d’accusation sera imaginaire.

[2] Emblématique de ce qu’est devenu le débat parlementaire : la campagne anti-hadopiste a montré à quel point l’Assemblée était vidée de sa fonction démocratique. Des députés de la majorité ont fait savoir en effet, entre les deux passages à l’Assemblée, tout leur mépris du processus démocratique (la loi passera, martèle l’un d’eux), avouant par là que les votes se réduisent toujours plus à une procédure formelle et que le travail parlementaire ne protège plus des effets d’une politique de domination.

[3] Cf. « L’ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine », de Mathieu Rigouste. Consultable sur le site de l’éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr.

[4] La caisse de résonance médiatique partage une large responsabilité dans la diffusion de l’intimidation. L’effet psychologique joue d’autant mieux que la saturation d’informations empêche d’élaborer les faits et maintient l’opinion dans l’incapacité de s’interroger réellement sur ce qui s’est passé. La succession des messages semble court-circuiter les processus de réflexion. La diffusion de messages traumatisants oblige de plus chacun à brider sa sensibilité et à endommager la capacité de critique et d’engagement.

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