________________L empire du Milieu de rien_______________________

...............................Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches........................ (Pierre Desproges)

05 janvier 2010

2010 ,année du virus ?

SINE HEBDO 

 

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30 décembre 2009

MARX ANARCHISTE ?

sur Le Grand soir

Marx anarchiste ?

Michel PEYRET

C’est en tout cas la thèse que soutient Maximilien Rubel.

Mais au diable les restrictions intellectuelles et place au débat, à la confrontation d’idées, à la diversité , nécessaires pour procéder « à l’étude concrète d’une situation concrète », selon la formule de Lénine, et faire apparaître les contradictions qui la font se mouvoir.

Et donnons, en l’occurrence, raison à Rubel qui illustre à souhait ses constats et jugements relatifs au marxisme, selon lui et selon d’autres, « Idéologie dominante d’une classe de maîtres qui a réussi à vider les concepts de socialisme et de communisme, tels que Marx et ses précurseurs les entendaient, de leur contenu originel, en leur substituant l’image d’une réalité qui en est la totale négation. »

 

LA SUITE

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18 décembre 2009

edito Monde Libertaire

Editorial du Monde Libertaire # 1577 du 17 au 23 Décembre 2009



Le patronat des transports (routiers) a été gratifié de 100 millions d’euros de réduction sur la taxe carbone. Pourtant avec les organisations syndicales, ça n’a pas été mirobolant. Cadeau de Noël de l’Élysée (ou saint Nicolas ?). Une fois encore le patronat se voit soulagé d’une partie des salaires indirects. C’est la période des fêtes et pouvoirs publics, sans oublier les alliés divers, mettent le frein sur les salaires. Et la consommation de fin d’année, y pensent-ils ? Ils auraient tort de ne pas continuer compte tenu de la mollesse et de la dispersion des mobilisations syndicales.


Les médias (mise sur orbite des Verts toutes tendances oblige) étaient orientés vers le Danemark, à Copenhague. Mais patatras, changement de décor, paraîtrait que sur la reprise économique mondiale, de nouvelles menaces pèsent. D’autre part, on nous dit que jusqu’à 40 % de l’alimentation disponible est gaspillée par les pays dits développés. De quoi bien préparer les « fêtes » de fin d’année avec la surbouffe dans nos contrées privilégiées. Sur un autre registre, Paris s’aligne sur Londres au sujet des bonus. « Sus aux bonus » peut titrer l’ex-quotidien de la rue de Lorraine (Paris 19e). Ça veut dire une taxation exceptionnelle de 50 % des primes des traders. Les banquiers, chacun son tour pour celles et ceux qui croient à la puissance de l’urne, vont se sentir trahis par le jogger fou. Diable, ça va vitupérer dans les chaumières aisées !


Question cadeau de Noël ou de ce que l’on voudra, c’est bien le défroqué/félon Besson qui en a fait un à l’extrême droite avec le thème de l’identité nationale. Nommé par les médias le « serviteur sans vergogne de son maître et de ses ambitions », Éric Besson serait-il devenu le chefd’oeuvre accompli de l’ouverture à gauche ? Il semblerait même que les bien-pensants de la droite s’en méfient. Le « fourbe du roi » est, d’ailleurs, une bonne trouvaille ! Le débat présidentiel, conçu pour mordre au compte de l’UMP sur l’électorat de l’extrême droite, aurait-il des leçons pratiques ? Les files d’attente pour les piqûres pour la grippe A doivent-elles être contrôlées avec le critère national ? Les infirmières et infirmiers réquisitionnés auront une réponse.


La nôtre sera, dans tous les points de lutte du mouvement social, de contribuer à apporter des réponses. Pour les anarchistes, il s’agit de parvenir à une pratique stratégique qui soit pertinente et globale. Pour un autre futur.


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08 décembre 2009

Auguste Vaillant : Accoyer,on a fait pire !

Pensons à notre bernard Accoyer nationale qui fût choqué et accusa de terrorisme les militants de Greenpeace :

 



La dynamite à la Chambre des députés

Le 9 décembre 1893Auguste VAILLANT lance une bombe dans la Chambre des députés, depuis la tribune. De faible puissance, elle ne blessera que légèrement un député. Action hautement symbolique ; Vaillant déclare que son objectif n'était pas de tuer, mais de blesser un grand nombre de députés. La réaction de ces derniers ne se fait pas attendre. Dès le 12 décembre, ils votent la première des lois dites "scélérates". Elle vise particulièrement la presse anarchiste,la réduisant au silence. Auguste Vaillant, quant à lui, sera condamné à mort, et guillotiné le 5 février 1894. Il avait 33 ans.

 

retrouvez l'éphéméride anar sur : http://epheman.perso.neuf.fr/

 

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07 décembre 2009

COmmuniqué Fédé.Anar

Le chômage, c'est la misère Le salariat, c'est l'exploitation !
--> Tract de la Fédération anarchiste du 5 décembre 2009
Depuis léclatement de la bulle spéculative boursière de 2008, et ses conséquences sur léconomie, ce sont des centaines de millions de travailleurs jetés à la rue à travers le monde. En France, dans le secteur privé, ce sont plusieurs milliers de licenciements quotidiens. Dans la fonction publique, lEtat applique sa politique de non remplacement du départ dun fonctionnaire sur 2. La conséquence est évidente : selon les derniers chiffres du gouvernement, 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 910 euros mensuels.

 

 

Les patrons, eux, se portent bien. En réponse à la crise que les banques ont-elles mêmes générée, lEtat a passé un plan daide au secteur bancaire de 360 milliards deuros. Cette somme correspond à peu de choses près à la somme des revenus salariaux et indemnités chômage perçus par les 27 millions de salariés et chômeurs qui composent la population active de ce pays

 

Quel rôle jouent lEtat et ses corps intermédiaires ?

 

Dans bien des cas, les entreprises reçoivent des subventions des collectivités locales (régions, départements, communes). Mitsubishi à Etrelles à côté de Vitré, comme Alcatel à Rennes, sétaient fait payer leurs usines. A STMicroelectronics, cest aussi largent public qui avait payé les machines délocalisées à Singapour

 

De nos jours, la plupart des entreprises ne payent que les indemnités légales de licenciement lors de plans sociaux, le reste restant à la charge de la collectivité. De plus, les collectivités locales financent leurs investissements avec des prêts contractés auprès des banques. Elles leur sont donc liées. La confiance que les exploités peuvent avoir envers leurs élus politiques ne peut donc être que très limitée

 

Lobjectif financier des licencieurs, cest de faire porter le coût du travail à la collectivité, tout en orientant les bénéfices directement dans les poches des actionnaires.

 

Mais le chômage est aussi une arme idéologique : la peur de perdre son emploi fait accepter des conditions sociales dégradées à de nombreux travailleurs. Comme pour lemploi des travailleurs sans-papiers, les patrons, en mettant en concurrence les salariés entre eux, compriment les salaires vers le bas.

 

Lorsque les travailleurs victimes de licenciements se battent pour obtenir plus que des miettes, lEtat les traine au tribunal, à l’image des salariés de Continental… Partout dans les conflits sociaux où les travailleurs veulent défendre leur outil de production et leur niveau de vie, ils se trouvent nez à nez avec la flicaille, les gardes-chiourme de lEtat.

 

La situation des chômeurs s’est encore dégradée avec la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC dans le « Pôle emploi ». Au-delà des radiations doffice massives, les chômeurs sont aussi traités comme des fraudeurs en puissance. LEtat est donc pour les exploités un ennemi à abattre.

 

Partout des luttes !

 

En réponse à latonie généralisée du mouvement social depuis la rentrée, des collectifs de chômeurs sorganisent et luttent depuis plusieurs semaines : occupation de lieux publics, mairie, pôle emploi, EDF

 

Soyons clairs : lobjectif de tout salarié normalement constitué est de gagner plus en travaillant moins, celui du patron est de faire travailler ses salariés au maximum en les payant au minimum. Le seul moyen dont disposent les travailleurs et les chômeurs pour améliorer leurs conditions de vie, cest duser de leur pouvoir de nuisance: sarrêter de travailler, bloquer la machine économique, par les occupations, les blocages des flux

 

Que lon soit travailleur avec ou sans-papiers, que lon soit avec ou sans travail, cest tous ensemble quon pourra faire plier lEtat, qui donne le cadre légal à lexploitation, et le patronat, qui concentre les richesses créées par le travail entre les mains dune poignée de milliardaires.

 

Ceux-là nen finiront jamais de se goinfrer sur notre dos, à moins que nous décidions tous ensemble de nous organiser pour faire la révolution libertaire : prendre nos affaires en main sans Etat ni patron, socialiser et autogérer les usines, le secteur des services, les terres agricoles pour le bien commun. Nous, les exploités, pourrions alors décider des productions que nous souhaitons garder et développer, et abandonner celles que nous trouvons inutiles voire nuisibles .

 

Il nous appartient de construire ensemble un monde respectueux de lenvironnement et des individus, loin de la barbarie capitaliste et de loppression étatique que nous subissons quotidiennement.

 

Fédération anarchiste


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26 novembre 2009

edito Monde Libertaire

Editorial du Monde Libertaire # 1574 du 26 Novembre au 2 Décembre 2009



2009 aura été l’année de tous les sales records : Vaccination grippe mexicaine, ça pédale. Malgré l’hyper-campagne-catastrophe, le bon peuple hésite, se tâte, rechigne, se gratte la tête : j’y va-ty, j’y va-t-y-pas. On est tellement habitué à se faire avoir, comme pour le référendum de 2005 sur le traité européen, qu’on cherche à trouver un piège à la proposition, un peu chère certes, mais au fond pleine de bon sens. Plus dur, le surendettement des ménages de l’Hexagone aurait augmenté de 20 % cette année ; même Radio-Paris, pardon, France-inter, en convient –très tôt le matin, il est vrai…


Pire encore, plus d’un milliard d’êtres humains souffriraient de famine et deux autres milliards barbotteraient dans la malbouffe, dixit la FAO. La faute à la crise économique, on nous dit, mais la crise a bon dos : si l’on en croit notre excellent confrère versé en mondiale diplomatie, le FMI, en plus d’exiger les remboursements de leur dette aux pays en voie de développement, leur inflige un accord félon au doux nom aseptique d’AsA. Ça permet aux pays riches de taxer dix fois plus les importations de denrées de base, tout en tolérant les aides détournées à leurs propres agriculteurs. Ils maintiennent ainsi artificiellement des cours très bas. Impassibles comme des quakers, ces bons apôtres organisent le dumping qui sert les riches, tout en prônant la sacro-sainte liberté des marchés pour les pauvres.


Devant tant de turpitude et d’iniquité, qu’est-ce qui soucie nos medias ? La main invisble du marché? – Non, la main trop visible d’un fouteux! Ben, c’est qu’il faut vendre de la bière, comme disent les cafetiers, et du papier journal, comme dit l’Équipe. Pour ça un bon vieux titata : France/Irlande ou Égypte/Algérie, le top du top du suspens. Ce qui fait vendre est bon pour la croâssance et ce qui est bon pour la croâssance est incontournable –pour pas dire obligatoire. Donc en avant le sport professionnel, ses relents de nationalisme rance, ses querelles de fouassiers, ses compètes à mort, son individualisme puant, ses machismes de l’âge des casernes, ses mufleries éructantes, ses répugnants soudards.


On en a eu les retombées nocturnes mercredi dernier ; bonjour les identités nationales. Enfin, ce qui nous rassurait c’était que la Justice, aveugle et incorruptible, dignement drapée de pourpre, allait enfin passer sur Toulouse, huit ans (et oui) après l’explosion. Tout venait enfin à point pour ceux qui avaient su attendre… On gageait qu’elle allait être sans pitié pour les très distingués assassins d’AZF. Déçus, déçus, déçus – comme d’hab – qu’on a été.


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22 novembre 2009

HISTOIRE D'ANARS : KROPOTKINE

jumbotron

 

Aristocrate russe, le prince Pierre Kropotkine (1842-1921) est né à Moscou dans la vaste demeure familiale. Pendant les mois d'été, toute la maisonnée séjournait dans son domaine, immense propriété, entretenu et mis en valeur par une myriade de serfs.

Pierre est éduqué dans un premier temps par plusieurs précepteurs avant d'être envoyé à l'école des Pages de Saint-Pétersbourg où il poursuit son instruction. Dès ce moment, l'adolescent s'intéresse à la population de l'immense cité et en particulier au sort des pauvres et des réprouvés qui l'étonnent par leur sagesse et leur bon sens. Il souligne dans ses cahiers d'étudiant combien les épreuves renforcent la solidarité et l'entraide.

Mais les études accaparent le jeune homme. Il se distingue en particulier dans les sciences physiques et mathématiques avec une prédilection pour la géographie. C'est pourquoi, ses études terminées et devenu officier, Pierre Kropotkine choisit de servir en Sibérie dans un régiment de Cosaques. Pendant cinq années, il va parcourir d'immenses territoires, réalisant de nombreux relevés topographiques et accumulant des notes sur les caractéristiques géologiques et physiques de la steppe sibérienne. Pendant ces années passées à la dure, en chevauchées harassantes mais vivifiantes dans la compagnie constante des rudes cavaliers cosaques, il est conquis par leur mentalité simple mais pleine de sens pratique. Déjà, il voit dans la multitude du peuple russe, dans sa diversité, dans son labeur, la grande vague qui, dans un immense mouvement lent mais obstiné, vient battre le pied de la forteresse féodale.


IL  Y  ENTRE  EN  CURIEUX, 
IL  EN  RESSORT  ANARCHISTE
A vingt-deux ans, Kropotkine éprouve le besoin de compléter ses études. Il démissionne de l'armée pour s'inscrire à l'université de Saint-Petersbourg. Il y brille en mathématiques et se spécialise en géographie. Des distinctions lui sont octroyées et il occupe des postes importants à la Société géographique de Russie. A diverses reprises, il représente son pays lors de réunions et de congrès internationaux. C'est ainsi qu'au cours d'un voyage d'études en Suisse, en 1872, il s'intéresse à l'A.I.T. et est invité par les fameux horlogers de la Fédération jurassienne, organisme anarchiste dissident. Kropotkine s'enthousiasme pour leur cause et il assiste au Congrès international anarchiste de Saint-Imier organisé par Bakounine et les horlogers à la suite de leur exclusion de l'A.I.T. Il y entre en curieux, il en sort anarchiste.

De retour à Saint-Petersbourg, il se mêle au peuple et entreprend une intense propagande, secourant les pauvres et les réprouvés, instruisant les travailleurs, distribuant livres et brochures, se multipliant pour propager la doctrine anarchiste et préparer la révolution. Repéré et recherché par la police comme agitateur et terroriste, il réussit à échapper à tous les traquenards, ne logeant jamais deux nuits consécutives sous le même toit et effaçant toutes traces de son passage. Après deux ans de cette existence clandestine faite de dévouement et d'intense propagande, il est finalement arrêté et incarcéré dans les cachots de la sinistre forteresse Pierre et Paul. Soumis à un régime de plus en plus pénible, subissant des traitements dégradants et des privations destinées à le briser, sa santé s'altère mais il résiste et finalement, avec la complicité d'amis dévoués, il réussit à tromper la vigilance de ses gardiens et à franchir les murs de sa prison. Muni de faux papiers, il s'embarque pour l'Angleterre, échappant ainsi au destin réservé à ceux qui s'élèvent contre l'absolutisme du pouvoir tsariste.

De Grande-Bretagne, il gagne la Suisse qu'il connaît bien. Avec James Guillaume, l'un des piliers de la Fédération jurassienne, et en compagnie des militants horlogers, il reprend une activité de propagande, écrivant des articles dans des journaux, distribuant des tracs dans les rues, tenant des réunions dans des bistrots, soutenant et visitant les sections et les cercles anarchistes.

Représentant la Fédération jurassienne, Kropotkine participe à des congrès socialistes et voyage de Bruxelles à Londres puis Paris où sa réputation l'a précédé et où il rencontre et s'entretient avec les personnalités en vue de l'époque. Il est écouté, reconnu comme théoricien de l'anarchie et devient un porte-parole informel du mouvement. Mais la Fédération suisse est accusée d'être le repaire des révolutionnaires qui organisent et exécutent des attentats partout en Europe. Comme ailleurs, les anarchistes suisses sont arrêtés et persécutés. Pour les défendre, Kropotkine se multiplie et fonde des journaux dont "Temps nouveaux". Le succès de cette presse témoigne de la place occupée par les anarchistes dans la Société de cette fin du XIXe siècle.

Peu après, il est expulsé de Suisse et déclaré indésirable en Angleterre. Partout, les portes se ferment devant les anarchistes. Kropotkine se fixe alors en France où il doit s'entourer de précautions pour faire échec à la police politique russe qui, à la suite de l'assassinat du tsar Alexandre II, avait entrepris l'élimination des opposants à l'étranger après avoir réussi à démanteler la plupart des réseaux anarchistes en Russie.


PARTOUT,  LES  PORTES  SE  FERMENT 
DEVANT  LES  ANARCHISTES.
En 1882, Kropotkine participe à la grève insurrectionnelle de Lyon où l'industrie de la soie en déclin licencie massivement. Les travailleurs dans la misère s'étaient révoltés et le mouvement dégénérait en affrontements sanglants. Kropotkine, accusé d'être le chef des poseurs de bombes, est arrêté, jugé promptement, condamné lourdement et enfermé dans la prison de Clervaux. Le monde scientifique s'émeut et de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Victor Hugo, interviennent en sa faveur. Sa détention s'en trouve allégée et, après quatre années d'incarcération, il est amnistié et expulsé vers l'Angleterre qui a accepté de l'accueillir.

La presse britannique sollicite sa collaboration et il écrit de nombreux articles pour le "Times" et d'autres journaux. Il entreprend des tournées de conférences en Angleterre et aux Etats-Unis. Il publie des souvenirs et rédige des ouvrages de doctrine. Lors de la guerre 1914-1918, au contraire de nombreux anarchistes qui le lui reprocheront, il signe le "Manifeste des seize" où il prend position contre l'Allemagne féodale et pour la France, patrie de la Révolution et de la liberté.

Rentré en Russie après Octobre et la prise de pouvoir des bolcheviques, il refuse de se rallier au régime et meurt à Moscou en 1921.



Les conceptions anarchistes de Kropotkine sont celles d'un communiste, mais d'un communiste libertaire d'avant la dérive marxiste, qui voit l'Histoire avancer et transformer la Société en l'humanisant par la solidarité et la liberté.

Pour la plupart des économistes, le travail est la seule valeur. Le travail confère à un bien ou à un service une qualité : il le rend propre à satisfaire un besoin. Un besoin est sans valeur lorsqu'il peut être satisfait sans travail. Une mûre cueillie par un promeneur sur le bord d'un chemin de campagne et consommée sur place en est un exemple. La plupart des besoins ne peuvent cependant être satisfaits sans travail et c'est ce travail, et non pas le bien lui-même, qui a une valeur. Le bien ne devient propre à satisfaire un besoin et n'acquière une valeur que par la quantité et la qualité du travail qui a permis de le fabriquer, qui s'y trouve intégré et qui lui donne son utilité.


IL  VEUT  SUPPRIMER  LE  PROFIT
POUR  LE  REMPLACER  PAR  LA  SOCIETE  DE  CONSOMMATION.
Kropotkine raisonne autrement. Il veut supprimer la Société de profit pour la remplacer par une Société de consommation. Il considère qu'un bien ou un service n'a de valeur que s'il est consommé, que s'il trouve preneur, que dans la mesure où il satisfait effectivement un besoin. En effet, si un bien contient beaucoup de travail, il a ou devrait avoir une grande valeur. Mais si ce bien ne trouve pas preneur, si personne ne lui découvre une utilité, alors il est sans aucune valeur. C'est donc la consommation qui confère sa valeur à un bien. Et Kropotkine propose de placer la consommation en tête de l'organisation de la Société et de reléguer la production à sa vraie place, importante mais non primordiale, de la subordonner à la consommation. Les biens seraient fabriqués et les consommateurs se serviraient sur le tas pour satisfaire leurs besoins. La production s'adapterait d'elle-même à la consommation. La demande d'un bien provoquerait sa fabrication et la disparition de la demande arrêterait sa production. Ce système implique l'abolition du salariat et de la rémunération car on aperçoit immédiatement la difficulté qui résulterait de la fabrication de biens dont la demande existerait mais que le consommateur ne pourrait acquérir par manque de moyens financiers. Le bonheur ne réside pas seulement dans le désir, il s'accomplit surtout dans son assouvissement. Proposer des biens au peuple sans qu'il puisse les posséder n'est pas offrir une rose mais seulement ses épines. La suppression de l'argent résoudrait le problème, mais le monde sans argent n'est qu'un fantôme hantant les livres des collectivistes auquel Kropotkine apporte sa contribution. L'idéal communiste anarchiste est supposé changer la donne. En émancipant le consommateur de la tutelle autoritaire de l'Etat, il lui rendrait la raison et le pousserait naturellement à n'acquérir que les biens dont il a besoin. Si Kropotkine cultive un parfait mépris pour les vices des institutions, il croit profondément en l'homme. La consommation deviendrait alors le seul critère. Ainsi, tous les besoins seraient satisfaits et la misère disparaîtrait. L'adaptation de la production à la consommation s'accomplirait par un processus simple et automatique. Ce système constitue le communisme de Kropotkine. Il a été presque unanimement considéré comme utopique, même par les anarchistes les plus éminents, mais il convient néanmoins de considérer que Kropotkine, esprit scientifique et conséquent, aura au moins eu le mérite de mettre un bémol à l'hymne au travail pour en réduire l'importance et poser la question de son utilité. Un travail n'a pas de valeur en soi. Il n'a de valeur que s'il est utile à quelqu'un. Un travail inutile est un gaspillage, une non-valeur.


CE  SYSTEME  CONSTITUE  LE  COMMUNISME  DE  KROPOTKINE.
Pour atteindre le but magnifique du communisme anarchiste, pour marcher avec l'Histoire vers plus de liberté, il faut propager son idéal, recruter, semer dans les consciences. Le progrès n'est pas de maintenir un consensus trompeur, un compromis boiteux, ce n'est pas se raidir dans la peur du lendemain, c'est avancer hardiment vers la liberté, aspiration des peuples, promesse de la Révolution. Le communisme anarchiste est inscrit dans le siècle. La préparation de la révolution n'est pas égale parmi les nations. Certaines, de tradition féodale, auront plus de difficultés pour secouer leurs chaînes. D'autres, mieux préparées, seront les avant-gardes et partiront les premières à l'assaut de l'oppression. De proche en proche, le moment venu, les révolutions allumeront leurs incendies de nations en nations. Quelques-uns seront étouffés, écrasés et noyés dans le sang. D'autres vacilleront, irrésolus, inconstants, ils résisteront ou seront prêts de succomber sous les bottes. Enfin, les plus forts, les plus nombreux renverseront toutes les défenses et triompheront de toutes les résistances. Ceux-là illumineront les obscurantismes alentours, apportant leurs braises aux feux éteints, ranimant les flammes et les cœurs hésitants. Parce que le peuple le veut, parce que l'Histoire l'a écrit sur le front des nations, l'anarchie embrasera le monde tout entier.

Kropotkine a la foi du charbonnier. Depuis que, comme Saül sur le chemin de Damas, il a reçu la révélation anarchiste à Saint-Imier, lors du Congrès de la Fédération jurassique, il ne cesse de proclamer la bonne parole : le peuple détruira l'Etat et bâtira la Société anarchiste dans la liberté, l'égalité et la justice.


LE  PEUPLE  DETRUIRA  L'ETAT 
ET  BATIRA  LA  SOCIETE  ANARCHISTE 
DANS  LA  LIBERTE,  L'EGALITE  ET  LA  JUSTICE.
L'unité fédérative anarchiste devrait être calquée sur la commune, non pas sur la commune contemporaine issue d'un processus électif manipulé et trompeur, mais sur les communes du moyen-âge qui s'étaient organisées spontanément, avaient contesté le pouvoir, lutté pour leurs droits et obtenu des concessions significatives. Lors de la Révolution aussi, la première Commune de Paris, surgie du peuple, avait joué un rôle de premier plan dans l'orientation progressiste de la Convention. La commune, le village, le quartier, sont des unités à taille humaine, où beaucoup de personnes se connaissent, se parlent et échangent leurs avis, où les préoccupations sont semblables. La cellule fédérative ne doit pas être trop petite pour éviter la dispersion et assurer un contact suffisant, ni trop grande pour permettre un débat où chacun peut intervenir et éviter les phénomènes de groupes. Dans cet environnement, le peuple peut se faire entendre comme il l'avait fait dans le passé, lorsque sa clameur était assez forte pour inspirer la crainte.

En partant de la commune, l'organisation de la Société par la méthode fédérative qui collationne échelon par échelon les décisions des assemblées, s'oppose résolument aussi bien aux conceptions marxistes que libérales. Ces derniers grands courants sociologiques semblent antinomiques mais, en réalité, ils concourent au même but : le renforcement perpétuel des pouvoirs de l'Etat, le premier au nom de l'appropriation collective, le second pour accroître son autorité car l'Etat a toujours été le meilleur auxiliaire des possédants. Confronté à cette dualité, Kropotkine y voit clairement une condamnation du marxisme. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Si un socialiste utilise les mêmes procédés que les exploiteurs bourgeois, il ne pourra être qu'un oppresseur lui-même. Ce nouveau despotisme n'est pas un progrès mais une corruption nouvelle ajoutée au despotisme ancien.

L'incrustation des socialistes dans les gouvernements ne changera pas la nature du pouvoir mais contribuera à créer de nouveaux monopoles, sources d'abus et d'excès. L'Etat s'en trouvera affermi et le résultat final sera opposé au but proclamé. Lorsque les socialistes demandent de plus en plus de nationalisations, ils collaborent dans les faits au renforcement de l'Etat et ils rendent plus difficile et plus aléatoire la victoire de la révolution. Ils en reculent certainement le déclenchement. Plus les outils économiques sont contrôlés par l'Etat, plus ils deviennent des armes contre les travailleurs et le peuple.

Les anarchistes doivent combattre ces procédés contre-révolutionnaires et s'attacher à donner au peuple le contrôle des moyens de production. L'alternative est claire, ou bien l'ennemi de classe, l'Etat, s'empare de la richesse économique, accroît sa puissance et sa capacité de répression, ou bien les travailleurs prennent eux-mêmes possession des entreprises qui sont leurs outils de travail et ils deviennent des acteurs sociaux avec lesquels il faut compter.

Le problème des paysans se pose en termes différents. Les contraintes et le mode de vie à la campagne sont particuliers et les réticences du monde paysan à l'égard du changement sont bien connues. Mais Kropotkine regarde vers l'avenir. Il envisage la mécanisation prochaine et nécessaire de l'agriculture pour satisfaire aux besoins alimentaires des villes. Les usines fabriqueront les ustensiles et les machines agricoles. Petit à petit, les paysans abandonneront leur méfiance et, entraînés dans la solidarité par l'interdépendance de leurs propres intérêts avec ceux des travailleurs des villes, ils se joindront spontanément à la révolution.


KROPOTKINE  S'INDIGNE  DE  L'OBSCURITE
OU  L'HISTOIRE  A  MAINTENU  LE  PETIT  PEUPLE.
Les historiens se sont souvent attachés à relater les grands événements qui ont jalonné l'errance des hommes pendant des millénaires. Les luttes des puissants, le choc des ambitions, les ruses des religions pour la direction des esprits remplissent les pages de livres innombrables. Les cliquetis des armes des forts le disputent à l'intransigeance des philosophes. Et tout à côté, oublié, le peuple subit et souffre. Les chroniqueurs ne s'abaissent pas à relater l'épopée de la solidarité et de l'entraide. Cet héroïsme-là n'est pas assez chatoyant, pas assez spectaculaire pour charmer les imaginations, pour intéresser un public avide de hauts faits. Kropotkine s'indigne de l'obscurité où l'Histoire a maintenu le petit peuple, alors qu'au cours des siècles, il était présent pour soutenir les faibles, secourir les blessés, nourrir les affamés. Les hommes partagent avec les animaux l'aptitude remarquable de l'entraide. Ils se sont toujours naturellement portés au secours de leur semblable en danger pour le protéger, l'assister, l'aider à réparer ses forces et à repartir de l'avant. C'est précisément sur cette constante, sur cette solidarité jamais démentie que l'anarchie se base pour formuler ses propositions sociologiques. Aux relations antagonistes de dominants à dominés, l'anarchie répond par l'égalité des droits, par l'abolition des hiérarchies dont le symbole demeure l'Etat autoritaire. Il n'est pas de grand capitaine, pas de figure marquante, pas d'esprit profond qui n'ait en filigrane de ses exploits une multitude de petites gens obscurs, industrieux, courageux, travailleurs sans lesquels aucun d'eux n'aurait atteint la notoriété. Les livres retiennent l'écume du drame humain, alors que l'Histoire est poussée par la vague du peuple.
merci a dissidence.be

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12 novembre 2009

edito Monde Libertaire

 

Editorial du Monde Libertaire # 1572 du 12 au 18 Novembre 2009



L’opinion – bonne fille – s’interroge. Vingt-quatre sénateurs menacés de perdre leurs électeurs de province et menés par un dangereux nihiliste du nom de Raffarin s’opposent à la suppression de la taxe professionnelle. Pas grave, coassent les courtisans, on aura leur peau en refaisant voter le Parlement croupion. L’opinion – intriguée – se passionne. Pasqua, Villepin et maintenant Chirac menacés d’emprisonnement. Retour d’honnêteté de la justice franchouillaude ? Vengeance froide du conduraptor ? Ou double pirouette, alliant plaisir de la vendetta et volonté de faire oublier la suppression prochaine des juges d’instruction ? Disparition qui justement sonnerait l’heure de la fin des procès aux riches et aux puissants définitivement au-dessus des lois applicables au populo.


L’opinion – écolo – s’inquiète. Si la sécurité est au bout du flash-ball contre les pauvres et du radar à lunettes sur les routes, il n’en est pas de même en matière d’électricité nucléaire. Areva, la main dans le pot de confiture, reconnaît avoir voulu vendre des réacteurs dont la sécurité d’emploi laisse à désirer d’après les autorités de sûreté franco-anglo-finlandaises. Y aurait-il deux sécurités, une pour le pouvoir, une autre pour les gueux ?


L’opinion – éclairée – est en liesse. On la gave avec l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin où les stals prosoviétiques se sont mangé un bon camouflet. Les beaux démocrates, dans l’poste, applaudissent bien fort la victoire de la Liberté sur le Koumounisme et ses grosses athlètes qui prenaient rien que des drogues pour voler des médailles (comme chacun sait, à l’Ouest, on ignore tout de la nandrolone, de l’EPO, des testostérones et autres bêta-bloquants). En fait, bien des Allemands de l’ex-RDA ont cru pouvoir bénéficier de la relative tranquillité d’emploi et des services publics de l’Est et en plus du clinquant bling bling de l’Ouest. La néo-thatchérienne Angela Merkel se charge de les détromper.


Les anarchistes, quant à eux, sont tristes. Ils saluent Claude Lévi-Strauss, l’ethnologue centenaire, élégant de plume et humble de pensée, qui préférait le mode de vie frugal et libre des Indiens amazoniens à l’indécente pyramide de fric et de dominations des sociétés prétendument civilisées. Ils se marrent aussi les anars : il y a des psychiatres honnêtes qui dézinguent des militaires ; des chauffeurs de fourgon blindé qui pratiquent la récupération individuelle ; une cabale politico-policière, contre Julien Coupat, qui sombre dans le ridicule ; il y a des juges intègres dans le Finistère qui balayent de leurs arrêtés la réglementation félonne n’autorisant les délégués syndicaux qu’aux centrales ayant obtenu au moins 10 % aux élections professionnelles. Autant de bonnes petites claques contre les grosses puanteurs des latrines néolibérales. Titata !

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06 novembre 2009

Monde Libertaire / Edito

 

Editorial du Monde Libertaire # 1571 du 5 au 11 Novembre 2009



Ah, que de charivari dans notre belle France. Quotidiens et magazines se renvoient la balle. Du jamais vu dans la Ve République, l’image des pouvoirs publics ternie à jamais… Que n’avons-nous pas lu ces jours derniers ?


Pasqua, un an de prison ferme, deux de ses acolytes six ans, ça fait toujours plaisir à entendre, même si l’on sait que ça va pas durer. Une juge d’instruction qui renvoie Jacques Chirac devant un tribunal, même des anarchistes se retiennent d’applaudir (tout en comprenant pourquoi nos instances nationales suprêmes veulent les supprimer ; diable, ces juges sont quasi autonomes, tandis que le Parquet est aux ordres). Tout ça, les lectrices et lecteurs du Monde libertaire l’auront bien compris, c’est de la mascarade pour les bonnes gens. Après le procès Clearstream, Villepin déclare vouloir tendre la main à Sarkozy, Pasqua, inculpé, en appelle à la levée du secret d’État… Ségolène Royal demandant la clémence pour Chirac, ça fait solidarité de clan (de classe ?), ne trouvez-vous pas ? Et le « méchant » de l’Élysée joue les Ponce Pilate, tout en n’ayant toujours pas digéré l’échec de l’ascension politique du prince Jean.


Pendant ce temps-là, on passe quasiment sous silence les expulsions de sans-papiers. Pas de nouvelles de ceux de Calais, du square Villemin, du foyer David-d’Angers, de la rue du Maroc à Paris. Vous avez dit trêve hivernale ? La dérive pétainiste est en marche rampante. Certes, nous n’en sommes pas à la Grande-Bretagne décrite dans le film V comme Vendetta,mais ça et là, on peut voir des signes avant-coureurs. Pour en rajouter, des militants syndicalistes d’EDF et GDF Suez sont licenciés à Toulouse pour fait de grève. Des exceptions qui se banalisent et on attend toujours un réveil syndical.


Pour le reste du monde, la grande question est la grande chasse à l’ennemi, aux forces du mal. En Afghanistan, l’implication étrangère va sûrement dépasser le Viêt Nam dans les records d’impopularité. C’est la loi collatérale de toute guerre… En Palestine, il n’y a pas de guerre, mais il y a des morts. Ceux d’avant, mais aussi ceux à venir. Entre autres, par manque d’eau, comme dénoncé par le dernier rapport d’Amnesty International (27 octobre) qui accuse le gouvernement de Tel-Aviv de maintenir, au bénéfice des colons, un contrôle total sur cette ressource essentielle pour la région.


On rappellera à toutes et à tous que depuis 1948, date de la création de l’État d’Israël, le véritable enjeu dans la région a été le contrôle de l’« or bleu ». La convention des Nations unies de 1997 qui réglementait le partage de l’eau n’a jamais été signée par Israël. CQFD. Sale temps pour le mouvement social, ici comme ailleurs.


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21 octobre 2009

edito Monde Libertaire


 

« Il m’est odieux de suivre autant que de guider. »

 

 

 

 

Editorial du Monde Libertaire # 1569 du 22 au 28 Octobre 2009



L’actualité est parsemée d’effets d’annonce pour tester et agiter l’opinion publique. Un Obama prix Nobel de la Paix, un Sarkozy II, président de l’Epad. En Irlande, ils ont re-voté et puis après ? Pour ce qui est du référendum sur le Traité européen, nous avons encore en tête la victoire du non en France et le sort qu’il a connu. En Irlande, le oui fait place au non. Après tout, peu importe le résultat, l’important c’est de participer. La votation sur la privatisation de La Poste connaît le même sort. Passé l’engouement du scrutin, le suspens du résultat et sa célébration, il ne reste plus rien.


Dans la rue, pas dans les urnes, cela n’est guère plus réjouissant. Après les journées du 29 janvier et du 19 mars, la rentrée serait chaude, nous avait-on dit. Le camarade Thibault a donc planifié un mois d’octobre très chargé pour mobiliser les troupes au compte-gouttes : le 6 chez France Telecom, le 7 pour le « travail décent », le 16 pour les retraités, le 20 chez les cheminots et enfin le 22 pour le « développement de l’emploi industriel ». Des journées saute-mouton, avec des appels bien peu mobilisateurs. Les confédérations avancent leurs pions, mais se gardent bien de relancer un mouvement interprofessionnel, qui aurait la prétention de vouloir réellement gagner face au patronat.


Pourtant des grévistes fortement mobilisés, il y en a : Continental, Molex, Goodyear, Servisair… mais les grandes centrales syndicales s’entendent pour « ne pas s’entendre » et ça nous vaut des calendriers de luttes différents pour chacune d’elles. Ces luttes sont donc condamnées à l’inefficacité ; et en plus elles lassent les salariés en butte à la crise. Les patrons se marrent. Aucune organisation pour fédérer ces luttes. On nous fait défiler, on nous balade, on nous tend le mégaphone pour mieux nous rendre muets. Patrons et État font passer leurs lois et autres projets, tandis qu’en face les dirigeants syndicaux feignent de taper du poing sur la table, mais font en sorte de ne jamais marquer de point. « Souffler n’est pas jouer », nous dirait un joueur de dames. Un camarade fin gourmet nous dirait, quant à lui, que « deux chapons ne feront jamais une poulaille ».


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