Doux pays de liberté !
06 novembre 2009
Monde Libertaire / Edito
Editorial du Monde Libertaire # 1571 du 5 au 11 Novembre 2009 Ah, que de charivari dans notre belle France. Quotidiens et magazines se renvoient la balle. Du jamais vu dans la Ve République, l’image des pouvoirs publics ternie à jamais… Que n’avons-nous pas lu ces jours derniers ? Pasqua, un an de prison ferme, deux de ses acolytes six ans, ça fait toujours plaisir à entendre, même si l’on sait que ça va pas durer. Une juge d’instruction qui renvoie Jacques Chirac devant un tribunal, même des anarchistes se retiennent d’applaudir (tout en comprenant pourquoi nos instances nationales suprêmes veulent les supprimer ; diable, ces juges sont quasi autonomes, tandis que le Parquet est aux ordres). Tout ça, les lectrices et lecteurs du Monde libertaire l’auront bien compris, c’est de la mascarade pour les bonnes gens. Après le procès Clearstream, Villepin déclare vouloir tendre la main à Sarkozy, Pasqua, inculpé, en appelle à la levée du secret d’État… Ségolène Royal demandant la clémence pour Chirac, ça fait solidarité de clan (de classe ?), ne trouvez-vous pas ? Et le « méchant » de l’Élysée joue les Ponce Pilate, tout en n’ayant toujours pas digéré l’échec de l’ascension politique du prince Jean. Pendant ce temps-là, on passe quasiment sous silence les expulsions de sans-papiers. Pas de nouvelles de ceux de Calais, du square Villemin, du foyer David-d’Angers, de la rue du Maroc à Paris. Vous avez dit trêve hivernale ? La dérive pétainiste est en marche rampante. Certes, nous n’en sommes pas à la Grande-Bretagne décrite dans le film V comme Vendetta,mais ça et là, on peut voir des signes avant-coureurs. Pour en rajouter, des militants syndicalistes d’EDF et GDF Suez sont licenciés à Toulouse pour fait de grève. Des exceptions qui se banalisent et on attend toujours un réveil syndical. Pour le reste du monde, la grande question est la grande chasse à l’ennemi, aux forces du mal. En Afghanistan, l’implication étrangère va sûrement dépasser le Viêt Nam dans les records d’impopularité. C’est la loi collatérale de toute guerre… En Palestine, il n’y a pas de guerre, mais il y a des morts. Ceux d’avant, mais aussi ceux à venir. Entre autres, par manque d’eau, comme dénoncé par le dernier rapport d’Amnesty International (27 octobre) qui accuse le gouvernement de Tel-Aviv de maintenir, au bénéfice des colons, un contrôle total sur cette ressource essentielle pour la région. On rappellera à toutes et à tous que depuis 1948, date de la création de l’État d’Israël, le véritable enjeu dans la région a été le contrôle de l’« or bleu ». La convention des Nations unies de 1997 qui réglementait le partage de l’eau n’a jamais été signée par Israël. CQFD. Sale temps pour le mouvement social, ici comme ailleurs.
21 octobre 2009
edito Monde Libertaire
« Il m’est odieux de suivre autant que de guider. »
Editorial du Monde Libertaire # 1569 du 22 au 28 Octobre 2009
L’actualité est parsemée d’effets d’annonce pour tester et agiter l’opinion publique. Un Obama prix Nobel de la Paix, un Sarkozy II, président de l’Epad. En Irlande, ils ont re-voté et puis après ? Pour ce qui est du référendum sur le Traité européen, nous avons encore en tête la victoire du non en France et le sort qu’il a connu. En Irlande, le oui fait place au non. Après tout, peu importe le résultat, l’important c’est de participer. La votation sur la privatisation de La Poste connaît le même sort. Passé l’engouement du scrutin, le suspens du résultat et sa célébration, il ne reste plus rien.
Dans la rue, pas dans les urnes, cela n’est guère plus réjouissant. Après les journées du 29 janvier et du 19 mars, la rentrée serait chaude, nous avait-on dit. Le camarade Thibault a donc planifié un mois d’octobre très chargé pour mobiliser les troupes au compte-gouttes : le 6 chez France Telecom, le 7 pour le « travail décent », le 16 pour les retraités, le 20 chez les cheminots et enfin le 22 pour le « développement de l’emploi industriel ». Des journées saute-mouton, avec des appels bien peu mobilisateurs. Les confédérations avancent leurs pions, mais se gardent bien de relancer un mouvement interprofessionnel, qui aurait la prétention de vouloir réellement gagner face au patronat.
Pourtant des grévistes fortement mobilisés, il y en a : Continental, Molex, Goodyear, Servisair… mais les grandes centrales syndicales s’entendent pour « ne pas s’entendre » et ça nous vaut des calendriers de luttes différents pour chacune d’elles. Ces luttes sont donc condamnées à l’inefficacité ; et en plus elles lassent les salariés en butte à la crise. Les patrons se marrent. Aucune organisation pour fédérer ces luttes. On nous fait défiler, on nous balade, on nous tend le mégaphone pour mieux nous rendre muets. Patrons et État font passer leurs lois et autres projets, tandis qu’en face les dirigeants syndicaux feignent de taper du poing sur la table, mais font en sorte de ne jamais marquer de point. « Souffler n’est pas jouer », nous dirait un joueur de dames. Un camarade fin gourmet nous dirait, quant à lui, que « deux chapons ne feront jamais une poulaille ».
16 octobre 2009
edito Monde Libertaire
Editorial du Monde Libertaire # 1568 du 15 au 21 Octobre 2009 Glanées sur les ondes et des papiers journaux qui ont échappé aux épluchures de pomme de terre, quelques nouvelles fraîches à défaut d'être surprenantes. Un fromage râpé avec seulement 20 % d'emmenthal, dénoncé au vu du code barre par une de ces si humanistes « caissières électroniques ». 63.7 % des Irlandais votards se sont fait avoir. Un Somalien venu déposer des fonds à sa banque est adroitement retenu par un caissier malin, le temps que les condés viennent le jeter en camp de rétention. 18 % de plus de macchabées sur les routes. La Tolérance-zéro ne suffit plus. Que faire ? On pourrait p'têt obliger les gens à aller au talbin en bus et à acheter des 4x4 puis à rouler sur des circuits payants pendant leur RTT. Xavier Darcos enfourche son bidet de chevalier blanc contre la « souffrance au travail ». La souffrance va bientôt être interdite et les chialeurs punis d'amende. Cynisme absurde. Comme si les médias et lui ne savaient pas que les méthodes managériales et l'appétit de profit en étaient responsables ; au XVIIe siècle on appelait ce genre de posture hypocrite un « cautère sur une jambe de bois » ; on dit aujourd'hui un titata. Le Bienfaiteur, élu sur des promesses de ne créer aucun impôt, doit reconnaître comme le lui suggèrent les pétroliers, que la taxe-carbone déboule sur une augmentation du précieux litre à la pompe d'au bas mot 10 % en 2010. Encore un coup de ces salops d'écolos ! F. Mitterrand, contorsionniste libéral et globe trotter fripon, arrive à réconcilier sur son dos Léo Hamon et Marine Le Pen. On fête à grand bruit l'anniversaire de la chute du mur de Berlin. La démocratie, c'est pas au point mais y'a rien de mieux ! A quand l'anniversaire de la fin de l'économie de marché, de l'abolition du salariat, de la révolution autogestionnaire ! Finkielkraut, l'universitaire qui rit quand il se brûle, se lâche sur Radio-Paris ; empesé de morgue élitiste, il pourfend la populace illettrée. La bouche gourmande et le reste à l'avenant peut-être, il s'offre en martyr, tel Bambi, tel Polanski, à la justice des peuples ignares et ennemis de la Kulture. Barack Obama, enfin, reçoit le Nobel de la Paix pour ses vastes promesses et contre pas mal de lobbies à fric. Dans cette caverne glauque qui sue l'angoisse et la rapacité, quel archéologue du futur, à la lueur d'une bonne vieille lampe à acétylène (il n'y aura plus d'électricité nucléaire depuis belle lurette), découvrira comme autant de gravures rupestres les excès de cette drôle de triste époque ? Lui qui aura sans doute connu les effets jubilatoires d'une révolution apocalyptique ou mieux d'un chambardement à base de solidarité et d'action directe, lui qui aura appris à lutter sans dominer.
08 octobre 2009
Monde Libertaire / Edito
Editorial du Monde Libertaire # 1567 du 8 au 14 Octobre 2009 Comment va le monde… il va ? Entre les catastrophes naturelles et les désastres politiques, le tableau n’est guère réjouissant. En Allemagne, Angela Merkel, chancelière victotieuse, va gouverner avec des « libéraux renforcés ». Est-ce que c’est mieux, l’aventure forcée avec l’ouverture tous azimuts de notre zébulon élyséen ? Celles et ceux qui choisissent régulièrement le goût de la sauce avec laquelle ils sont mangés, le savent peut-être, nous non. Ce qui semble sûr, selon les spécialistes, c’est que le baron français de la distribution, Carrefour, envisage de se retirer du Brésil et de la Chine. Tiens, serait-ce une conséquence de la énième revisitation du Parti communiste chinois qui endosse une fois de plus de nouveaux habits ? La république a 60 ans et les dictons du Grand Timonier a fait place à un « capitalisme sous contrôle » ou plutôt une dictature « modernisée ». Nous avons ici le choix des appellations, celles que ceux qui vivent dans l’Empire du Milieu ne peuvent que subir… et y résister ! Dans notre Hexagone, il y a aussi du pain sur la planche. Le budget 2010 présenté par le gouvernement aggrave la casse de la Fonction publique. Les entreprises et les plus aisés reçoivent quelques cadeaux fiscaux (49 milliards d’euros) tandis que 34 000 postes supprimés font attribuer à l’État français la médaille d’or du chômage. Vu que le mouvement syndical européen est, trop souvent, en dessous du niveau de la mer, le Parlement européen se sent les coudées franches. L’allongement du temps de travail des routiers irait jusqu’à 86 heures (56 jusqu’ici). Les syndicats de salariés (regroupés au sein de la Fédération européenne des transports) auraient intérêt à se retrousser les manches… Sans être trop pessimiste, on peut noter que l’accent des médias est mis sur le nouveau slogan « Construire le rassemblement de la gauche sur les réalités populaires ». Nous croyons plutôt que les affaires et l’avenir de celles et ceux qui constituent le monde du travail ne passent pas par les urnes électorales. Il serait temps, à défaut de la marmite, de renverser la tendance.
02 octobre 2009
edito Monde Libertaire
Editorial du Monde Libertaire # 1566 du 1er au 7 Octobre 2009
Cette semaine encore une lancinante série de forfaitures et de titatas. La clique au pouvoir, main sur le coeur et yeux au firmament, déclare, non sans toupet, que La Poste ne sera jamais privatisée. La SNCF ne jure plus que par le fret après avoir méticuleusement démantelé son réseau de voies secondaires. La loi Hadopi passe aux forceps. Google pille sans vergogne le catalogue des bouquins du ci-devant La Martinière. qui se rebiffe, le vilain passéiste. Les patrons organisent la grippe A: Les malades seront remplacés par les bien-portants et silence dans les rangs. La guignolade Clearstream bat son plein. Les deux renards s’étripent pour la soupière, les juges cirent les pompes.
Le G8, pardon G20, Everest accouchant d’une drosophile, éternue des recommandations dont toutes les banques se gobergent. Au Honduras les tueurs de la réaction mettent hors jeu le gouvernement légitime. En Europe, 78 millions de pauvres. Le chômage s’envole, les entreprises ferment, les syndicats s’écrasent, tout va bien : la croissance croâsse et la crise est finie. L’inénarrable Luc Ferry (Radio-Paris-France-inter 24/09) éructe sans rire que « mettre sur le même plan l’échec du communisme et l’échec du capitalisme est proprement obscène ». Ce qui est obscène, c’est la « jungle calaisienne ».
Safari ? chasse ? animaux ? Une poignée d’êtres humains, afghans et mineurs pour la plupart, acteurs obligés d’un répugnant soap-opera gouvernementalo-médiatique : 500 cognes, une armada de pelles mécaniques et de bulldozers, plus de 200 « journalistes » convoqués. Tout un chacun a pu ainsi, vautré dans son fauteuil, se rincer l’oeil à voir virer une poignée de pauvres hères de leur misérable bidonville. Devant tant de voyeurisme, c’est difficile de ne pas penser aux jeux du cirque romains et à l’étripage – en toute hémoglobine – des prisonniers et des esclaves ; énivrante odeur de peur, de merde, de sang et d’urine. Difficile, de ne pas évoquer le supplice de Damien, charcuté durant toute une journée, finalement écartelé par quatre chevaux en place de Grèves. Toutes les fenêtres autour étaient loués à prix d’or, nous rapporte Casanova dans ses Mémoires, pour faire bandermouiller les petits marquis et les petites marquises qui se faisaient trousser, tellement émoustillés de l’abominable spectacle.
Difficile aussi de ne pas évoquer les rafles pétainistes des juifs, des communistes ou des tziganes et le silence assourdissant tout autour. Abominable et perverse l’indifférence des « honnêtes gens » devant de telles félonies. Obscène et cynique, qu’un Occident, capable de banaliser ainsi son sadisme et sa lâcheté, se paye encore le luxe de faire la morale. À gerber.
25 septembre 2009
Alexandre JACOB .
« (...) Linge lessivé, rincé, séché, mais pas repassé. J'ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. À votre santé. » phrase écrite avant son suicide et trouvé près de lui !
Retour sur un libertaire qui fut à La Belle Epoque une figure politique et qui défraya la chronique pendant presque trois années.
En 1899,lorsqu'il est arrêté à Toulon,il a déja du haut de ses 20 ans un passé chargé.
Du milieu prolétaire dont il est issu il sera très vite influencé par Kropotkine et es écrits anar de la fin du 19ème.
Dans un début de siècle marqué par les anarchistes ,terme usité à l'époque pour désigner aussi bien les anars que ce que notre bon Consul appelle maintenant la racaille,il fait vite les rencontres qui vont l'amener à être mouiller dans une histoire d'explosifs....condamné à 6 mois de prison il s'oriente vers un illégalisme pacifique :
"Puisque les bombes font peur au peuple,volons les bourgeois et redistribuons aux pauvres !"
extrait WIKI :
"Le 31 mars 1899, un commissaire de police et deux inspecteurs se présentent chez un commissionnaire au Mont de Piété de Marseille. L'accusant du recel d'une montre, ils l'arrêtent, après avoir dressé durant trois heures, sur papier à en-tête de la Préfecture de police, l'inventaire de tout le matériel en dépôt, qu'ils confisquent comme pièces à conviction. L'homme est emmené menotté au Palais de Justice tandis que les trois individus s'esquivent, emportant un butin d'environ 400 000 francs. Les policiers n'étaient autres que Jacob et deux compères. La France entière en rit."
Tous les bons liens qui vont bien pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marius_Jacob
19 septembre 2009
edito Monde Libertaire

Editorial du Monde Libertaire # 1564 du 17 au 23 Septembre 2009
Les médias vont où va le vent, où il souffle. Les dérapages « annoncés » du ministre de l’Intérieur ont donné le la. On pourrait appeler ça du racisme ordinaire. « Si vous ajoutez à ça le bruit et l’odeur… », « Tu me mets quelques Blancs, des Whites, des Blancos, », autant de phrases de tous bords politiques qui se rappellent à notre mémoire! Comme il est dit justement dans de nombreux magazines, l’ami du locataire de l’Élysée renchérit de ses blagues douteuses jusque dans le gouvernement. Mais là n’est pas l’essentiel. La question que l’on se pose est: à qui profite ce nuage de fumée providentiel ?
Rajoutons aussi les tricheries au Parti socialiste et les pouvoirs publics qui ne jouent pas les mêmes paroles sur la musique de la taxe carbone… à l’État bien sûr! Ou plutôt au gouvernement français qui est le principal actionnaire du groupe France Télécom. Quand une telle entreprise en arrive à un tel chiffre de suicides annuel, on peut s’interroger sur le long silence des médias… qui ne se sont vraiment alarmés qu’au 23e suicide? Comme le déclarait un militant CGT au rassemblement de la semaine dernière devant le CNHSCT (Comité national d’hygiène et sécurité du travail): « La responsable, c’est la logique financière. Quand France Télécom décide de tout verser aux actionnaires, cela indique d’augmenter le rentabilité.» Cette dernière « chose » aura provoqué le suicide, vendredi dernier d’une salariée qui s’est jetée de la fenêtre de son bureau au 4e étage d’un immeuble parisien. Et on entend après que France Télécom présenterait un « plan antisuicides »? Il est vrai que d’autres veulent moraliser le capitalisme! Mais comme le rappelle Ivan Du Roy, auteur de Orange stressée, le management par le stress à France Télécom: « France Télécom est passée en moins de dix ans du statut de service public à celui d’entreprise privée dans un secteur soumis à une compétition sans merci et où, comme souvent, les logiques financières priment sur l’activité réelle »
À part ça? La CFTC reviendrait dans le giron de l’intersyndicale et serait présente à la journée d’action du 7 octobre… On essayera de lire dans le marc de café pour savoir si ça va dans le bon sens! La CFDT serait pour un Grenelle des retraites. On craint le pire; en 1968, malgré tout, malgré les désillusions, il y avait du grain à moudre. Aujourd’hui la tendance est à la peau de chagrin, pour rester poli.
Cerise sur le gâteau ou histoire de rire un peu, Xavier Darcos a déclaré la semaine dernière que « le climat social est finalement assez apaisé »!!! Il est vrai qu’il a aussi « invité le PDG de France Télécom à traduire dans son entreprise l’accord interprofessionnel sur le stress au travail ». Il faut, dans les faits, lui rappeler que le temps de rêver est bien court!
18 septembre 2009
BOUQUINS : vieilles histoires
Ainsi flinguer, ce n’est pas au sens figuré qu’il faut le prendre avec le tsar rouge mais bien au sens premier ! Cependant la vérité historique (les grands mots, ça fait bien dans le tableau) nous oblige à reconnaître que Marx et Engels n’ont pas de sang sur les mains. Ce n’était peut-être pas l’envie qui leur manquait mais on ne va pas réécrire l’Histoire pour se donner raison. On peut toujours dire que, contrairement au satrape rouge, ils n’ont pas eu l’occasion d’exercer le pouvoir à leur façon, les faits sont là. On estimera, à juste titre, qu’ils ont une responsabilité morale puisque leurs théories et pratiques déjà dénoncées de leur vivant comme lourdes de dangers ont engendré les Staline, Mao, Pol-Pot et autres assassins de masse, il n’empêche que… Va donc pour les guillemets, même si c’est tentant de les enlever !
Pour autant, le mot flinguer ne nous gêne pas parce que c’est bien de cela dont il est question : feu sur les anarchistes ! Tel était l’un de leurs mots d’ordre préféré ! Et c’est le but de cette brochure que d’en causer. Elle n’a pas la prétention d’être exhcnts contre arguments. Le camp marxiste s’est livré à un pilonnage intensif à l’artillerie lourde de mensonges, calomnies, insultes etc. contre les antiautoritaires préfigurant déjà la phraséologie stalinienne, et ce, sans oublier les manœuvres malhonnêtes et autres coups fourrés. Mais c’est essentiellement sur l’argumentaire(teur) marxiste que cet opuscule s’attarde.
C’est d’ailleurs d’une certaine façon une curiosité : pour l’édification du lecteur(trice), l’auteur a choisi de reproduire in extenso de longs passages des écrits de Marx, Engels et Lénine. Du coup, voilà une brochure anarchiste qui fait la part belle à la phraséologie marxiste ! Il y a dedans autant, si ce n’est plus, de contenu marxien que de contenu libertaire ! Marxisme libertaire le retour ?! Que nenni ! C’est tout simplement la construction choisie qui veut ça… Et les susdits passages n’honorent pas spécialement leurs auteurs !
Pour terminer, un petit mot sur l’auteur (et collecteur) : avant d’être membre du groupe de Rouen de la Fédération anarchiste, il a longtemps été un militant actif du PCF (il a même fait la Haute École du Parti) et par conséquent, pour ce qui est du Marxisme, il sait de quoi il cause ! Par contre, il ne prétend pas être devenu un grand théoricien ou historien de l’anarchisme. C’est donc en toute modestie qu’il apporte sa contribution à « la cause » par cet ouvrage, qui se veut un simple outil de plus pour la formation (et l’édification au sens noble du terme) des militant(e)s anarchistes et des autres. A l’heure où règne la confusion des idées (qui, hélas, selon un air par trop connu, se vaudraient toutes), et où un certain facteur veut fonder un parti à la fois guevariste et libertaire (sic), ce n’est pas du luxe !
Eric Gava (FA Rouen)
Quatrième de couverture
Guy Q. (dit Justhom) est breton : c’est donc tout naturellement qu’il a commencé sa carrière professionnelle comme mousse dans la marine marchande ! Comme quoi les mythes ont toujours un fond de vérité… De vérité, il n’en sera pas beaucoup question dans cette brochure. De calomnies, de mensonges plus certainement, ceux déversés par Marx et ses héritiers sur le mouvement antiautoritaire en général et anarchiste en particulier ! Et ce n’est pas triste !
Justhom, encore lui, s’il est maintenant retraité, a terminé sa carrière professionnelle comme responsable d’une association d’insertion et chargé de cours à l’université, après avoir été directeur de cabinet d’un maire communiste, parce que lui-même militant communiste ayant fait les grandes écoles du Parti. Le Marxisme, il connaît donc. Il a connu plutôt. C’est en militant anarchiste qu’il nous offre cette brochure où il a collecté des écrits diffamatoires (entre autres qualificatifs) de Marx et de ses affidés et qu’il commente ensuite. Le titre ce cet opuscule est on ne peut plus clair et à sa lecture vous aurez vite compris qu’il est justifié.
Et ce n’est pas que de l’histoire ancienne. On sait les conséquences pour le mouvement ouvrier et révolutionnaire de cette opposition entre Marx et Bakounine, entre ces deux conceptions du socialisme et ce que cette prédominance du Marxisme-léninisme a donné… Et que l’on continue de payer encore aujourd’hui ! En lisant cette brochure, qui n’hésite pas à reproduire des passages entiers d’écrits de Marx, Engels ou Lénine afin que l’on puisse juger sur pièces, on aura vite senti que les pratiques totalitaires étaient déjà inscrites dès les premiers pas du Marxisme et que les Lénine, Trotski, Staline, Mao et autres tyrans rouges n’ont fait que de les continuer en mille fois pire car ils étaient, eux, au pouvoir !
100 pages pour 6 euros
couverture d'Aurelio
à commander à Publico ou sur le le site des EML :
http://editions.federation-anarchiste.org
13 septembre 2009
Presse Anar : archives
Article paru dans ""les temps nouveaux" (1895)
aTTENTION : LA LECTURE DE CET ARTICLE PEUT INTERPELLER.....
LES TEMPS NOUVEAUX N°1 DU 4 AU 10 MAI 1895
Mouvement social
FRANCE
04 août 2009
POESIE...
Mon cœur ne bat pas la chamade à l'écoute de l'Internationale et des chants révolutionnaires. Le Grand Soir réalisé a en lui le camp sibérien, la geôle et la paillasse humide. Je hais les slogans sans effets immédiats. Je déteste les assemblées générales souveraines où la main levée est prédisposée à l'Ave ! Je hais les Associations libertaires décrétant qui est ou n'est pas anarchiste. Qui exclut à qui mieux mieux. Voilà pourquoi je suis un " En dehors " à l'image d'un Zo d'Axa, d'un Libertad. Je ne troquerai pas ma liberté au détriment d'un groupe. Je garde mon opinion pour moi-même. Je n'attends l'avis de personne. J'essaie, je tente autant que faire se peut, d'agir en anarchiste d'abord sur moi-même. Je suis le Prolo d'la Nuit qui au gré de ses divagations nocturnes, de ses périples de porteur de presse est fatigué d'écouter l'Oracle professant la bonne parole anarchiste. Je suis le Prolo d'la Nuit, né de basse extraction, devenu au fil du temps, au cours des nuits glaciales, neigeuses, étoilées, pluvieuses, un anachorète ou mieux encore un Anarchorète. Une personne décidée à suivre par elle-même son chemin vers la République d'Anarchie.
L'Anarchorète rejette les autels des bien-pensants, des adorateurs de vieilles théories, les slogans et mots d'ordre pourris. Nous avons besoin d'épaisseur que diable. Et où allons-nous la dénicher cette épaisseur ? Dans les livres, les discours, les prises de paroles, dans les tracts ? Que nenni camarade, tu la débusqueras, si le cœur lui en dit à la belle, dans la pratique quotidienne, car ce qui vaut son pesant d'or ce sont les actes et non les verbiages inutiles, les motions de gratte-papiers ! Oh oui, je paye ma cotis' à l'orga. Néanmoins cela n'empêche pas de dire et contredire le groupe, les collectifs et les rassemblements, le fond d'ma réflectance, mille bombes ! Anarchiste de ce siècle, fais table rase du passé, milliard de dieu. N'attends pas l'unanimisme de ton groupe. Ou alors retourne aux calendes grecques. Deviens une marmite à renversement, un poignard, un pistolet, un écrit. Que ton quotidien soit la propagande par le fait. Tu as le choix des armes. Choisis ce qui t'apparaît la meilleure des voies. Tu es libre comme doit l'être tout anarchiste. Ben l'Peinard
(Prolo d'la Nuit et Anarchorète)
Monde libertaire n° 1507 du 6 au 12 mars 2008






