...............................Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches........................
(Pierre Desproges)
Filles de joie, pierreuses, lorettes, filles à soldats, marmites, filles publiques, hétaïres, radeuses, catins, péripatéticiennes, horizontales, grues, boucanières, paillasses, morues, gotons, pouffiasses, amazones, professionnelles, filles soumises, tapins, fleurs de macadam, belles de nuit, asphalteuses, marchandes d’amour, turfeuses, ménesses ou gagneuses… La plupart des noms qui désignaient les prostituées ne sont plus en usage de nos jours. On dit “pute”, et voilà tout. Il n’y en a pourtant pas moins qu’avant, peut-être même plus, mais il est devenu si mal vu de s’en “payer” une qu’on préfère passer ça sous silence. Aujourd’hui à Paris, une exposition rend hommage à ces femmes que le tout-Paris fréquentait gaiement jusque dans les années 40, dans des maisons closes de luxe classées par les guides touristiques au rang de “must-see”.
“Le "Chabanais", le "One Two Two", le "Sphinx" et tant d'autres: les maisons closes furent les hauts lieux du Paris de la Belle Époque et des Années folles. Univers de luxe et de volupté, de kitsch et de mondanités, ces maisons reflétaient un art de vivre et d'aimer nourri de tous les désirs et de toutes les excentricités.” La galerie Au Bonheur du Jour(située juste en face de l’illustre N°12 de la rue Chabanais, dont la loi Marthe Richard ferma les portes en 1946) vous invite à “redécouvrir ces mondes disparus, sur le mode d'une promenade coquine et nostalgique dans ces lieux mythiques, dont les somptueux décors faisaient voyager les filles et leurs clients de l'Inde au Japon, de la Chine à Venise. Elle permettra aux collectionneurs et amoureux des maisons d’illusion de découvrir et d'acquérir une collection unique de photographies signées Brassai, André Zucca, Atget, Gaston Paris, Doisneau, etc.”
L’exposition dévoile l’intérieur du célèbre bordel du 30 de la rue Lepic (maison spécialisée dans les fessées), du 9 rue de Navarin (très connu pour ses fantaisies sado-masochistes) mais aussi de bordels masculins. Les photos de Tableaux vivants (reconstitutions de scènes érotiques par des prostituées) jouxtent celles de lingeries du fameux catalogue DIANA-SLIP, 1932, destiné aux maisons luxueuses. Des peintures réalisées pour orner les alcôves côtoient des objets inattendus: la canne-cravache du One Two Two portant le nom de la fouetteuse «Flora», une poignée de porte de bordel 1900 en bronze, un heurtoir de maison close pour hommes, une dague de défense, une ceinture de chasteté et une curieuse “visionneuse enfermant des «mirages», ainsi que des cravaches, badines et plaques décoratives en bois sculpté”.
“Toutes ces photos, dessins, peintures et curiosités, illustrent la vie quotidienne dans ces maisons, scènes vénéneuses des amours tarifés, mais aussi théâtre d’une vie sociale brillante où le champagne coulait à flots, entre le frou-frou des élégantes et le va-et-vient des messieurs et le ballet des tenancières”. Créatrice de la galerie Au Bonheur du Jour, Nicole Canet fait elle-même figure d’œuvre d’art au milieu de ses collections érotiques. Cette ancienne danseuse de cabaret, reconvertie dans les curiosa, amasse depuis près de 30 ans les témoignages les plus extravagants de la vie sexuelle de nos arrière-grands-parents… Elle adore dévoiler ses trésors. Sa galerie est d’ailleurs aménagée en boudoir. On y entre comme dans un appartement de cocotte, saisi par le parfum qui imbibe les tentures et les toiles, les lourds catalogues reliés et les jolis meubles à bibelots, avec l'impression de faire un bond spatio-temporel en arrière. Ça fait rêver.
Bien malgré elles, les prostituées ont toujours fait rêver. En 2002, Régine Desforge rappelle que leur présence continue de hanter certains quartiers: il y a dans le Marais, “une rue au joli nom bien trompeur, la rue du Petit-Musc, qui en porta un autre avant que la morale bourgeoise ne s’en offusquât. C’était, au XIVe siècle, une petite artère où les prostituées exerçaient leur métier; d’où son nom d’alors, la Pute-y-muse…”. Le nom est joli, mais qu’on ne s’y trompe pas. Il cache une réalité souvent atroce. Les femmes qui se livrent à la prostitution sont –dans leur immense majorité– des esclaves sexuelles privées de tous les droits et contraintes de subir le martyre. “A Rome, rappelle Régine Desforge, les filles publiques portaient une mitre et une toge ouverte sur le devant. Leurs vêtements étaient jaunes, couleur de la honte et de la folie.” Dans l’occident chrétien, la prostituée reste un objet de répulsion.
Même le XIXe siècle, qui donne aux prostituées un statut de quasi-stars (les demi-mondaines deviennent des héroïnes d’opéras et de livres), les maintient cependant au rang de serpillères spermatiques. C’est “le siècle qui a le plus défendu la vertu, la féminité accomplie, et le plus institué la prostitution, avec les maisons closes, explique Bruno Remaury, anthropologue et auteur du Beau sexe faible. La féminité est toujours vue comme ambivalente: à la fois sublime, accomplie, parfaite; et malsaine, inquiétante, maléfique. Tout homme riche peut entretenir une femme destinée à son plaisir. Il a donc réellement à sa disposition les deux faces de la féminité: l'épouse vertueuse et la courtisane.” A la première échoit la mission de procréer de beaux enfants sains. A la seconde… celle de purger l’homme. “Le XIXe a de l'hérédité une vision primaire: on considère qu'un bandit aura des enfants bandits. Ainsi, la prostitution a du bon, au sens où, comme un évier, elle fait s'écouler les descendances bâtardes et dégénérées.”
Voilà donc à quoi servaient les prostituées des bordels. Marthe Richard savait de quel enfer il s’agissait quand elle réclama la fermeture des maisons closes. Ancienne prostituée, avant de devenir conseillère de Paris à la Libération, elle déposa en 1945 un projet de loi prévoyant leur suppression. La loi fut adoptée le 9 avril 1946. Depuis, les femmes/les hommes qui s’adonnent à la prostitution n’ont plus que le trottoir pour lieu de travail. Ou leur clavier d’ordinateur. Avant, enfermées dans des maisons capitonnées, ils/elles faisaient rêver. Maintenant, jeté(e)s par la loi Marthe Richard dans la rue ou sur internet, ce sont des travailleuses du sexe. Leurs conditions de vie sont toujours aussi précaires. Sous prétexte d'améliorer leur sort, la loi n'a fait que les rendre invisibles. Les voilà maintenant vouées à la semi-clandestinité, à l'ombre, à la honte, au déni et au silence. On appelle ça le progrès.
Exposition Maisons Closes, du 28 octobre au 31 janvier 2010. "Bordels de femmes. Bordels d’hommes. 1860-1946."
07 octobre 2009
JB Clément : Bio
bio sympatique à redécouvrir trouvé sur drapeau noir...
Jean-Baptiste Clément
Jean-Baptiste Clément né à Boulogne en 1836 Paris, est un communard connu principalement pour l'écriture de la chanson "le Temps des cerises" qu'il écrivit en 1866. Mais c'est en 1885 qu'il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris.
Jean-Baptiste Clément est aussi l'auteur de l'une des plus belles chansons de la Commune: La semaine sanglante (publiée en bas de page)
Né dans une famille aisée, fils d'un riche meunier, il quitte très jeune le foyer et fut placé dans un pensionnat rue Buffault dans le 9ème où il restera plusieurs années. Apprenti repousseur sur cuivre, à l'âge de 14 ans, il ne le restera pas très longtemps, préférant la fréquentation des cabarets et des guinguettes. Il fera plusieurs métiers, sera trimardeur, manœuvre en construction.
Il exerce plusieurs métiers et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, particulièrement dans le «Cri du Peuple» de Jules Vallès. Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets "Les Carmagnoles", "89", etc. Il fut emprisonné à la prison de Sainte-Pélagie jusqu'au soulèvement républicain de la Commune.
Révolté contre toutes les injustices sociales
Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu'après l'amnistie de 1879.
Il rentre à Paris en 1880 et devient socialiste, il s'engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats. En 1885, il fonde la Fédération socialiste des Ardennes.
Son action dans les Ardennes n'était pas sans susciter une certaine crainte et beaucoup d'opposition de la part de ses adversaires: le patronat ardennais, l'Eglise, les journaux “bourgeois”, la police et même parfois l'ouvrier qui se montre rebelle à l'organisation durable comme à l'éducation politique.
La brochure "Questions sociales à la portée de tous"
"Nous avons repris, le 15 janvier 1887, la publication des brochures: QUESTIONS SOCIALES À LA PORTÉE DE TOUS, dont nous avons été obligé d’interrompre le cours par suite de la saisie, en France et à l’étranger, de plusieurs de nos numéros.
Pour donner satisfaction aux demandes qui nous ont été adressées, nous reprenons cette publication à partir du N°1.
Il paraît un numéro tous les quinze jours, sous forme d’une brochure de 16 pages, aux prix de 10 centimes."
CITOYENNES ET CITOYENS,
Mon but, en annonçant d’avance les sujets que je traiterai, est d’inviter les travailleurs - ces exploités et ces victimes de la féodalité moderne - à être mes collaborateurs en me communiquant leur sentiment, leur opinion, en me disant ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont souffert, pour dresser ensemble le dossier des capitalistes, des exploiteurs, des parasites, et constituer ainsi les archives saignantes du Prolétariat.
N’étant pas un doctrinaire, et voulant surtout faire œuvre de propagandiste en restant à la portée de tous par une forme simple, humaine, persuasive, reposant sur des arguments sérieux et des preuves irréfutables, me croyant, en outre, en raison du prix et du but de cette publication, à l’abri de tout soupçon de lucre et de vanité, je fais appel aux Citoyens dévoués et je leur demande de m’aider à propager ces brochures parmi nos camarades de travail, à qui nous ne saurions trop répéter : Qu’ils ne sont aux prises avec la misère que parce qu’ils sont victimes des injustices sociales, et qu’il ne tient qu’à eux de les faire disparaître.
Salut et Égalité.
J.B. Clément"
Le 1er mai 1891, le chômage est général dans les centres industriels à forte concentration ouvrière. Au son de la Carmagnole et de la Marseillaise, on réclame la journée de 8 heures. Ce jour-là, à Fourmies, la troupe tire sur la foule. On dénombre 9 morts dont des enfants: Fourmies donne à la III ème République sa première tragédie ouvrière. Le même jour, à Charleville, Jean Baptiste-Clément est arrêté et emprisonné.
Le lendemain, dans un Charleville en état de siège, le verdict est sévère: 2 ans de prison et 5 ans d'interdiction de séjour. Le soir même, il est secrètement emmené à la prison de Nancy. Une vague de protestations déferle contre l'arrestation et l'emprisonnement de Jean-Baptiste Clément. Finalement, après 7 semaines de prévention, la Cour d'Appel de Nancy le condamne à 2 mois de prison et l'interdiction de séjour est levée.
Jean-Baptiste Clément consacra donc toute sa vie à l'émancipation du peuple. Ses convictions socialistes venaient davantage de l'expérience vécue et de son contact permanent avec le monde ouvrier. Son action courageuse, où il laissa chaque jour un peu de sa santé, sa méthode, permirent d'éduquer, d'organiser, de défendre les travailleurs et donnèrent naissance à une nouvelle génération de syndicalistes.
Devant le relâchement des groupes, à partir de 1892, Jean-Baptiste Clément demande son remplacement. On le supplie de rester. Il cède, mais, usé par la maladie, il n'a plus la même fougue.
Son action motivée et tenace ne fut pas toujours reconnue, c'était pourtant un "révolté contre toutes les injustices sociales" qui a largement sa part dans le mouvement socialiste.
En décembre 1894, Jean-Baptiste Clément "le Vieux" quitte les Ardennes, le coeur serré. Il fut ensuite employé à la mairie de Saint-Denis, puis il collabora au journal "La Petite République''.
Il s'éteint le 23 février 1903 à l'âge de 66 ans. Il fut enterré le 26 février 1903 au cimetière du Père Lachaise et plus de quatre mille personnes assistèrent à la cérémonie.
Un blog de fous (pas si fou que ça) dont le lien est en permanent dans la rubrique EN LUTTE....URBAN PORN ONLINE ; écartez les gosses (pas de mauvais jeu de mots qd vous aurez maté le site) et voyez que resister ce n'est pas forcément se syndiquer ou voter Bayrou (xd)./
J ai compris : MAM s'est connectée et elle a pécho ça sur Daily M : LES BERUS ! comme quoi j'écoutais déja ça y a vingt ans......serai je donc un conspirateur, poseur de fer à béton, en puissance ?