l'empire du milieu de rien

...............................Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches........................ (Pierre Desproges)

23 janvier 2010

GRIPETTE A LA FRANCAISE

SUR BASTA ( http://www.bastamag.net )

 

SANTÉ PUBLIQUE

La grippe A laisse une ardoise de deux milliards d’euros

PAR NEDJMA BOUAKRA (22 JANVIER 2010)

292 morts, plus de 5 millions de personnes vaccinées au 1er janvier… et une facture de 2 milliards d’euros. Tel est le coût estimé de 3 mois de campagne de vaccination. « Plus que le déficit de tous les hôpitaux français », selon le professeur Bernard Debré. L’Etat français s’est-il laissé enfumer par les grands labos ?


Le nombre de cas de grippe avec fièvre à plus de 39°C serait « passé sous le seuil épidémique  » depuis début janvier, précise le docteur Thierry Blanchon, du réseau « Sentinelles » de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). La grippe A s’en va, mais abandonne derrière elle une belle ardoise : environ deux milliards d’euros ! Le bilan comptable commence. Le Parti socialiste, sous la houlette de son porte-parole Benoît Hamon, et le Nouveau centre demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la campagne de vaccination. Si Benoît Hamon se garde bien de mettre en cause après coup « le principe de précaution », il exige des éclaircissements sur la politique d’achat des vaccins. « Le gouvernement, dans sa volonté d’ouvrir le plus largement le parapluie de la précaution, est-il la victime consentante des laboratoires pharmaceutiques ? », interroge-t-il.

« Plus que le déficit de tous les hôpitaux français »

La posture de redresseur de torts peut sembler inconfortable. La politique très protectrice choisie par le ministère de la Santé - couvrir 75 % de la population en vaccins – a été menée ailleurs : la Grèce, Israël ou la Suède prévoyaient une couverture à 100 % de leurs citoyens. Le gouvernement devra cependant répondre sur l’ampleur des dépenses publiques engagées, dans un contexte où, dans nombre de communes, il n’y aurait plus assez d’argent – répète-t-on - pour maintenir l’activité de services hospitaliers ou de maternités.

La campagne de vaccination a coûté entre 1,5 milliards et 2 milliards d’euros. Au 869 millions d’euros engagés pour acheter les 100 millions de doses de vaccin, il faut ajouter les frais d’organisation de la campagne : ouverture de dispensaires et de centres de vaccination, rémunérations du personnel (heures supplémentaires…), et la communication – assez massive. La campagne a été conçue sur la base du plan d’urgence prévu face au virus H5N1, et préparée avec le ministère de l’Intérieur. Selon des professionnels de santé publique, face à une épidémie, il est moins coûteux de s’appuyer sur ce qui fonctionne déjà plutôt que d’initier un réseau parallèle très onéreux. La démesure du plan de vaccination est attaquée par Bernard Debré, professeur de médecine et député UMP [1]. Si le médecin ne remet pas en cause l’utilité du vaccin, il critique l’investissement financier qui représente selon lui « plus que le déficit de tous les hôpitaux français » et « trois fois le plan cancer ».

Chantage des grands labos

Pour réduire l’ardoise, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot annonce, début janvier, la résiliation de sa commande de 50 millions de doses (soit la moitié des vaccins commandés) sans compensation pour les laboratoires. Officiellement, le labo suisse Novartis se voit annuler plus de 65 millions d’euros de contrats. Le Britannique GSK, principal fournisseur du vaccin en France, devrait perdre 224 millions d’euros de chiffre d’affaires. Seul le Français Sanofi accepterait de rétrocéder une partie de ses 69 millions d’Euros de contrats. Face au bide de la vaccination, le laboratoire avait déjà prévu, en décembre, de réduire sa production de vaccins d’environ 20% En fait, un accord convertirait la commande en « un droit de tirage futur auprès des trois laboratoires ».

Les laboratoires ont tout intérêt à garder des relations courtoises avec de si généreux gouvernements. Les prochaines épidémies de grippe devraient leur assurer un retour sur investissement. « Le manque à gagner est faible », assure Frédéric Thomas, consultant du cabinet de conseil Arthur D. Little. Sanofi-Adventis vise un chiffre d’affaire net de 4 milliards d’euros pour les seuls vaccins en 2010, contre 22,8 milliards en 2008 [2]. En croissance régulière, ce secteur devrait générer 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’horizon 2012.

Pour Bernard Débré, l’emballement des pouvoirs publics autour de la grippe A serait dû au chantage des laboratoires : « Soit vous commandez maintenant, et vous en aurez, soit vous attendez, nous servirons les autres pays, et vous n’aurez plus rien. » Etait-il si difficile de faire autrement ? En s’appuyant sur les données de l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), le quotidien L’Humanité révèle que le prix de la dose du vaccin de GSK serait de 7 Euros (hors taxe), celui de Sanofi à 6,25 euros, celui de Novartis à 9,34 euros et de 10 euros pour Baxter. Or, le Royaume–Uni a de son côté acheté les vaccins au même prix que celui de la grippe saisonnière : 5,8 euros… Soit une différence de 60 millions d’euros pour le seul vaccin de GSK. Roselyne Bachelot serait-elle une piètre négociatrice ?

Nedjma Bouakra

Notes

[1] Interrogé sur RTL le 4 janvier.

[2] Selon L’Humanité du 6 janvier.

Posté par zelast à 09:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    oi

    bienvenue au 4eme reich dans la france nazi
    heil sarkozy
    ça ta choquer alors relève toi et RÉVOLTE TOI
    l'Homme libre se fait toujours chasser maintenant l'Homme libre va chasser le monde impérialiste
    faites passer des messages choquante pour essaier de faire reveiller les Hommes

    Posté par clebs, 25 janvier 2010 à 20:10

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